Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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MARCEL COMBY


L’homme et son rapport au monde au début du XXe siècle
    Dès la fin du XIXe siècle s’opéra en Europe un grand bouleversement culturel
du à de nouvelles visions du monde et en particulier au transformisme. Cette théorie s’opposait alors au fixisme, système de pensée qui perçoit le monde selon une conception figée des choses. Citons alors l’avènement du créationnisme aux U S A. Dieu a créé le monde à un certain moment de l’histoire puis s’en est retiré laissant à la nature et à l’homme le soin de se gérer de manière parfaitement autonome.

La, ou plutôt les doctrines transformismes s’appuient sur la notion d’évolution et on les trouve chez divers penseurs de l’époque suivant des modalités diverses. Je pense à Lamarck, Darwin, Saint-Hilaire et bien sûr Teilhard de Chardin qui, contrairement aux autres, exprima sa pensée de manière cosmique. L’univers et l’homme sont élément d’un Tout dont l’évolution suit une règle d’orthogénèse déjà présente chez Bergson.                          
    On distinguera donc deux paradigmes ou deux modèles de vision du monde :
 
  • Le modèle laplacien qui précède le XXe siècle. C’est un modèle mécaniste, déterministe,  précis, stable, immuable. La spiritualité se confond très souvent avec la pratique d’une morale de type juridique.  La pratique religieuse doit obéir à des principes rigides. Dieu est avant tout un juge. Matière et Esprit sont considérés comme des réalités juxtaposées.
  • Le dehors et le dedans des choses sont deux mondes bien séparés.
 
  • Le modèle induit par la physique moderne qui  apparait avec Einstein et Heisenberg, un des fondateurs de la mécanique quantique.
     Il apporte une véritable révolution culturelle aussi bien dans le domaine scientifique que dans les arts tels que la peinture (les impressionnistes) et la musique atonale. L’espace n’est plus tridimensionnel et le temps n’est pas une entité séparée. La physique quantique a démantelé les notions classiques d’objets solides et de lois de la nature strictement déterministes. L’exploration de l’atome nous ouvre vers des réalités imprévues portant sur la notion de vide et celle de non séparabilité.  La matière se comporte comme un réseau serré de relations complexes entre les différentes parties d’un tout.
La conception du monde réel est essentiellement organique et dynamique.
C’est dans ce contexte de nouveauté qu’apparait Teilhard de Chardin.
     Teilhard de Chardin pense que l’évolution ne s’est pas terminée avec nous, mais que nous faisons partie d’un processus cosmique continu qui demande notre engagement. Je pense que la physique moderne nous a ouvert un horizon selon lequel notre identité d’homme n’est pas seulement soumise à une morale ou à des idéologies contraignantes, mais à un travail sur nous-même fondé sur une certaine idée de notre place dans le cosmos, sur une sagesse et une coopération fondées sur une vision optimiste de la condition humaine.  Celle-ci s’inscrit dans le cadre de l’harmonie universelle qui est beauté, ordre, répétition et rythme. Alors justement notre participation à une cosmogénèse du monde doit être au diapason de sa merveilleuse organisation.

Mercredi 17 Janvier 2018 16:42


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