Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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TRAVAIL D'AVRIL 2010



La pensée de Teilhard porte essentiellement sur la notion d’évolution et celle de complexité, qui est un état intermédiaire entre le chaos et l’organisation parfaitement décrite à l’aide d’équations mathématiques. Autrement dit c’est au départ un système organisé selon l’ordre mathématique ou la théorie des probabilités, au sein duquel apparaissent des phénomènes d’émergences, de l’improbable.

-La vision dite « Cosmos » est la description d’un monde statique, ordonné par des lois immuables et une absence de finalité. La matière et l’esprit restent étrangers l’un à l’autre dans un dualisme qui écarte toute recherche unificatrice indispensable à tout progrès humain. Le Créateur est lointain dans les esprits, considéré comme édificateur d’un univers qui demeure enfermé dans un système d’interactions régies par la mécanique newtonienne et un conglomérat de règles morales qui sont sensées assurer le bon fonctionnement de nos sociétés et protéger nos santés ou nos biens. C’est alors que se déroule toute la banalité de nos vies en recherche de toujours plus de bonheur facile.

-La vision dite cosmogénèse est basée sur le fait que l’Univers se comporte comme un ensemble de nature organique au sein duquel matière et esprit constituent les deux composants d’un même arrangement, chargés d’assurer l’un et l’autre une certaine cohérence dans un monde essentiellement perfectible et porteur d’énergies et d’informations. Dans ce mode de pensée, le Créateur est animateur de l’Univers, non seulement auteur de toutes choses mais acteur privilégié dans un grand mouvement d’évolution du monde. Cette évolution est donc, avec le Christ attracteur et amorisant, de nature humano – divine.

Pour analyser ces deux systèmes de pensée qui s’opposent, je reviens sur la propriété fondamentale de la physique quantique, à savoir : toute particule, électron ou photon, possède une double nature, corpusculaire et ondulatoire. On sait que le mot corpuscule évoque la matière compacte, la rigidité et la force de gravitation capable d’exercer des pressions sur le milieu environnant. Le mot onde évoque au contraire la vibration d’un certain milieu, l’écoulement plus ou moins violent de matière liquide ou gazeuse, la mobilité de toutes choses et en particulier celle des molécules, etc…
Cette réalité particulière me fournit une belle métaphore, celle qui évoque justement la nature de notre monde. Victor Hugo écrivait : « Les choses du monde sont comme les vagues de l’océan, elles se composent et se décomposent sans cesse ». Autrement dit pour moi, les deux visions du monde qui s’opposent, font en fait partie de l’organisation de l’univers.

L’homme lui-même possède une nature foncièrement paradoxale :
-d’une part il a besoin de règles statiques et rigoureuses qui lui confèrent des repères indispensables à sa survie ;
-d’autre part il doit pouvoir se libérer des contraintes qui risquent d’étouffer sa personnalité, et dans cette perspective, il est bon qu’il lise Teilhard. Le monde n’est pas qu’évolutif, il est aussi vibratoire.

Lorsqu’on lit le songe de Jacob (Genèse, ch.28/ 10-17) où les anges montaient et descendaient le long d’une échelle, on est en droit de préciser que l’évolution n’est pas qu’un phénomène orienté vers une direction unique. L’homme en particulier éprouve des phases bien connues de mouvements volontaires vers un but à atteindre et de remises en cause, de retournements imprévus qui parfois ressemblent à une nouvelle naissance.

Teilhard parle d’un Dieu créateur et évoluteur. Mais cette intervention divine dans un monde qui en permanence se crée et se perfectionne par élévation de sa conscience, comment se réalise-t-elle ? Teilhard ne dit rien de ce mystère qui enveloppe inexorablement la relation entre l’homme et son Créateur. Teilhard ne voit-il qu’un aspect global du monde ?

Samedi 29 Mai 2010 10:05