Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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tome 10 / Comment je Crois


Deux points de vue s’opposent :

1- Si E.T. (extra – terrestrial) existe, alors il doit vivre sur une planète orbitant autour
d’une étoile distincte de notre système solaire (c’est scientifiquement vérifiable à l’aide de sondes spatiales : Voyager 1 et 2) Il y a différentes méthodes d’observation d’une exo planète relevant des propriétés liées à la position des astres et à celles de la lumière qui nous parvient : on peut ainsi déterminer les fluctuations climatiques, la constitution chimique de l’atmosphère, la présence de végétation, d’une certaine forme de vie, etc. Et ceci grâce aux variations du spectre d’absorption qui est constitué de couleurs bien précises et bien utiles pour une analyse minutieuse. Plus de 300 exo planètes ont été découvertes. Mais il faut se rappeler qu’il existe 100 milliards de galaxies avec 100 milliards d’étoiles par galaxie, ce qui laisse beaucoup de chance à imaginer une terre habitable comme la nôtre.
Au cours des 3 millions d’années d’évolution humaine, la taille du cerveau a augmenté par rapport à la taille selon un facteur de plus de trois. Notre espèce Homo sapiens sapiens est relativement jeune : environ 100 000 ans ! C’est très court par rapport à l’échelle du temps de l’évolution qui s’étale sur 4 milliards d’années. Alors si l’on envisage l’évolution de E T, il est raisonnable d’imaginer que cet être ait suivi une autre durée d’évolution et qu’il ait atteint en intelligence une avance de plusieurs millions d’années sur nous terrestres. Or cette évolution de l’intelligence ne progresse pas indéfiniment en raison de contextes divers. Dans nos sociétés par exemple, la fécondation varie en raison inverse du niveau de vie et les formes d’intelligence ont changé en raison des progrès technologiques. Ainsi E T dont la vie n’est pas synchronisée sur la nôtre peut avoir régressé ou évolué d’une manière inimaginable pour nous.
Il existe un autre scénario. Le projet génome humain a été lancé au début des années 1990 en vue de déchiffrer les divers codons humains aboutissant au séquençage complet de l’ADN (plus de 3milliards de nucléotides) D’où la possibilité de réaliser des modifications génétiques. Jusqu’à présent notre humanité n’a pas joué aux apprentis-sorciers. Mais les E T peuvent très bien avoir cédé depuis longtemps à la tentation de modifier le patrimoine génétique pour améliorer l’intelligence par exemple. Ils se seraient alors lancés dans un autre type d’évolution : l’évolution « dirigée » par opposition avec son évolution antérieure basée sur la sélection naturelle. Pour ces nouvelles civilisations extra- terrestres, nous apparaissons comme des êtres primitifs.
Et puis il faut envisager les découvertes et les manipulations de l’énergie nucléaire qui peuvent déboucher sur la destruction de populations entières ou a contrario sur de considérables progrès technologiques. Avec un niveau élevé et suffisamment de finances pour la recherche, il serait possible pour les E T d’entreprendre une conquête du cosmos plusieurs millions d’années avant l’homme de Neandertal. Celui-ci aurait pu avoir sa visite…ce qui n’a pas eu lieu (aucun vestiges à cela)
L’extrême grandeur des nombres que l’on doit manipuler dans ces considérations de nature cosmiques posent, pour toute réflexion théologique, des problèmes dont les réponses sont pour le moins marquées par des incertitudes incommensurables. Le passage de Jésus sur notre terre a durée infiniment peu en rapport à l’échelle du temps. Comment situer et interpréter nos dogmes par rapport à une civilisation semblable en nature à la nôtre qui pourrait très bien avoir déjà disparu. Je pense que, pour tout ce qui touche à l’organisation de l’univers, une certaine cohérence est indispensable sans quoi on tombe dans la confusion la plus complète. A moins d’imaginer que Dieu ait créé des êtres organisés autour d’un schéma différent du nôtre. Des anges ? Ou autres créatures de nature incompréhensible pour nous ? Pourquoi pas ! Mais c’est un autre problème.

2- Teilhard de Chardin considère la vie extraterrestre comme probable.
L’humain est une finalité de la conscience au niveau de la complexification de la matière. La vie est donc présente ou en puissance partout dans l’univers. On doit considérer que la vie est en pression en tous points du cosmos. (Œuvre : « La place de l’homme dans la nature) La vie n’est pas un accident superficiel. L’événement de l’Incarnation n’est pas défiguré mais transposé, et cette transposition s’exprime en termes de cosmogénèse. Le Christ possède des attributs universels ou cosmiques. On découvre avec Teilhard les prémices de la position contemporaine des théologies du Process dans le cadre de la philosophie de Whitehead.
Cette théologie du Process propose l'idée d’un Dieu participant à l’avancée et à la complexification de l’univers qui aboutit à la possibilité de vies et de consciences hors du système solaire. Plus précisément, La théologie du process (ou parfois francisé comme « théologie du processus ») est une approche théologique du monde issue de la cosmologie découlant des acquis des sciences contemporaines de la nature, notamment la théorie de la relativité, la théorie de l'évolution biologique et la physique des quanta. Il s'agit d'une perspective critique élaborée d'abord à partir de la philosophie du process du mathématicien et logicien Alfred North Whitehead (1861–1947) puis reprise et développée par Charles Hartshorne et John B. Cobb au cours du XXe siècle.



Mardi 18 Mars 2014 17:34