Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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« le phénomène humain », La naissance de la pensée


Marcel Comby / La pensée
Toutes nos pensées créent ce qui est notre réalité d’être humain et contrôlent notre univers mental. Elles accompagnent le regard de notre esprit.
 
     Dans son livre : Le Phénomène Humain (Chapitre  p 179) Pierre Teilhard de Chardin aborde l’étape la plus spectaculaire de l’Evolution, à savoir la naissance de la pensée. D’abord, ce qu’il considère comme un paradoxe, est le fait que d’une part l’être humain diffère morphologiquement  très peu de l’animal et que, d’autre part, le même être humain est né d’une véritable métamorphose dans le chemin déjà vertigineux emprunté par les sphères mouvantes de la Vie. En fait, selon Teilhard, le Pas de la Réflexion est le pouvoir acquis par une conscience de se replier sur soi et de prendre possession d’elle-même de sorte que la connaissance de l’environnement est doublée de la connaissance de sa propre faculté de connaitre. Les conséquences en sont immenses : c’est un autre monde qui naît écrit Teilhard. On peut donc parler de l’apparition  d’un Univers de la Pensée ! A ce stade de l’Evolution, la Vie s’est comme transformée en profondeur.
 

Reste à méditer sur les nouvelles formes revêtues par les mécanismes de la Vie. On doit évoquer ici la question de l’intelligence véritable et celle de l’instinct.  Teilhard pense qu’il existe dans la Nature une multitude de formes d’instincts. Mais, toujours pour suivre l’intuition de Teilhard, disons que dans la suite croissante des instincts il existe un point majorant où s’est effectuée une importante révolution. Pour un accroissement tangentiel infime concernant la morphologie, le radial a plongé vers l’infini faisant jaillir la conscience dans un espace de relations et de représentations super sensibles. De l’atome à la cellule puis de la cellule à l’animal pensant, un même processus continu et bien orienté s’est poursuivi avec, dans le temps, l’apparition de phénomènes de discontinuités désignés sous le terme de seuil.    A chaque seuil surgit un nouvel état de la matière et ceci jusqu’à la Convergence de l’Esprit.  Dans ce merveilleux processus de genèse, Teilhard précise deux choses fondamentales : la première stipule que l’humanité a émergé d’un tâtonnement général de la Terre ce qui suppose une gigantesque masse d’efforts et d’énergies mise en œuvre dans cet accomplissement ; la seconde nous met en garde contre nos illusions et nos fascinations qui peuvent nous suggérer des hypothèses très fragiles et incohérentes. En fait, malgré nos progrès scientifiques, nous aurons toujours face à nous le problème des origines. Teilhard conclut : ce n’est pas dans leurs germes que les êtres se manifestent, mais dans leur épanouissement…Mais, si nous voulons comprendre la nature spécifique et deviner le secret de l’Homme, il n’est pas d’autre méthode que d’observer ce que la Réflexion a déjà donné, et ce qu’elle annonce, en avant.
 
                                                                                               MARCEL  COMBY

Mercredi 14 Mars 2018 10:50