Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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"Comment je crois", chapitre 8, 1ère partie (tome-10)
Réflexion pour réunion de janvier 2013



Ayant reçu une formation scientifique, je suis naturellement porté à pousser loin les règles de la logique. Or ce qu’il faut ne pas oublier, c’est que nous sommes capables d’un langage évolué et cohérent capable de décrire la nature (ce qui nous distingue de l’animal), mais que ce langage est imparfait et limité. Ceci est vrai lorsqu’on aborde l’étude du microscopique et l’est d’autant plus vrai lorsqu’on parle métaphysique. Le mot « pitié », quand on parle du divin peut facilement mettre mal à l’aise ; de même que le mot « tolérance » qui peut avoir un caractère péjoratif, etc…Alors qu’un grand mathématicien : Hilbert croyait pouvoir réaliser une merveilleuse synthèse des connaissances mathématiques, un autre savant Gödel lui coupa l’herbe sous le pied tout simplement en vertu de ce que j’ai écrit plus haut. C’est la raison pour laquelle je préfère parler de « résonance », à propos de l’étude d’un auteur ou d’une théorie, plutôt que de « soumission dialectique » pour expliciter mon accord avec la chose ou le personnage en question. L’essentiel n’est pas ce qui est dit ou fait, mais ce qui nous pousse à dire ou à faire.

Citation : « Je crois que l’univers est une évolution ». Ce mot évolution reste encore très vague. Cette citation de Teilhard n’est ni plus ni moins que la référence à un dogme, à une norme. Or logiquement, une norme ne peut entrer dans le cadre d’une évolution ! En fait, lorsque nous utilisons un mot, il faut penser à son contraire. Lorsque nous parlons de l’homme ou de l’univers, il faut penser en termes de contradiction. Un neurobiologiste a écrit récemment : « il n’existe pas de lois dans la nature ». Cet énoncé suggère pourtant que dans la nature, il existe une loi fondamentale : l’absence de lois ! Il s’agit là, de ma part, de montrer de manière humoristique le genre de contradiction que l’on peut découvrir dans l’usage de notre langue. Plus généralement notre vie s’écoule suivant deux directions : d’une part nous avons besoin de règles de vie qui peuvent être imposées soit par la force des lois en vigueur soit par la parole divine contenue dans les textes bibliques ou le Coran ou les exhortations d’un maître bouddhiste et cela est nécessaire ; d’autre part nous avons autant besoin de liberté pour nous épanouir et bien sûr évoluer au sens courant du terme. C’est là, évidemment, où notre réflexion prend tout son sens.

Je reprends le titre de cet article : « L’évolution de la foi ». Je me souviens d’avoir entendu dans mon enfance ce prêtre qui disait du haut de sa chaire : « jusqu’à la dernière minute de votre vie, vous pouvez vous damner ! ». Je précise ici que, suivant les principes évangéliques, jusqu’à la dernière minute toute âme pècheresse peut être sauvée. Je reconnais que notre éducation et les événements vécus entrent dans le cadre d’une évolution naturelle et contingente qui s’effectue dans l’espace et dans le temps…dans quelle direction ? Tout dépend du contexte et des personnes. Je remarque que, dans mon cas personnel, se juxtaposent deux réalités : d’une part ce que j’ai fait de ma vie en bien ou en mal, ce que j’ai subi, ce que j’ai apprécié, etc. ; d’autre part ce que Dieu m’a apporté à telle ou telle partie de mon existence. Mais je sais qu’à l’heure de mon extinction terrestre, j’aurai la liberté, le courage ou la lâcheté, de dire oui ou non à mes engagements spirituels. En fait, pour définir l’évolution, il convient de s’affranchir de l’idée que seule compte l’espace et le temps. Les choses se transforment de manière contingente dans l’espace et le temps mais l’origine de ces choses se situe hors de l’espace et hors du temps. « Mon Nom est inscrit dans le ciel » disait sainte Thérèse de Lisieux qui ignorait que cette belle parole n’avait ni plus ni moins qu’un caractère cosmique au sens où Teilhard le comprenait certainement. Néanmoins, cette interdépendance entre la transcendance et l’immanence demeurera à jamais un profond mystère. Or il n’en demeure pas moins que la réalité de l’évolution et celle des origines constituent une parfaite énigme !






Samedi 12 Janvier 2013 19:02