Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Je ne suis pas un inconditionnel de la pensée de Teilhard, mais il me semble nécessaire d’analyser plus à fond sa pensée : en effet, il n’a pas été publié de son vivant et il n’a pas pu être confronté à des contradicteurs éventuels.

1– Dieu, Etre et Etant

Extrait du livre de Georges Vandamme : L’Essentiel, c’est Dieu

Dieu qui est esprit n’intervient pas dans la matière, par contre il peut très bien y être présent, et surtout il a pensé la Genèse de l’univers. Un éminent physicien actuel se demande :
« Il y a lieu de s’étonner des extraordinaires propriétés de cette interaction électromagnétique, elle régît aussi bien des processus à l’échelle du million d’années lumière (« jets de matière ionisée issus de centres galactiques actifs) que d’autres à l’échelle humaine (électricité et magnétisme habituels) à celle des cellules vivantes, ou à l’échelle atomique (processus entre particules élémentaires décrits dans l’électrodynamique quantique) Effectivement on peut raisonnablement insister sur la question :Comment ne pas se dire que cela été pensé »

En effet « Tout se tient » et les lois de l’univers se conjuguent avec l’auto-organisation dans un ensemble cohérent.
Ce constat d’un univers à la fois causal, probabiliste et ouvert, c’est-à-dire émergent de façon permanente dans le temps nous a permis d’accéder à la notion philosophique d’un « Etant »

Cette notion philosophique d’un Etant est extrêmement importante, car elle permet de préciser ce qu’il faut entendre par Etre et sortir de la confusion courante entre ce qui est comme objet et ce qui est comme être conscient qui est la caractéristique de l’être humain. A la fois « étant biologique » et « être conscient d’exister, capable de pensées abstraites »
Ceci permet de mieux comprendre que l’univers et la création sont l’Etant qui participe dans un présent absolu à l’Intelligence créatrice de l’Etre Divin.

Ce présent absolu règle la question du commencement de l’univers mentionnée par une pensée de Ludwig Wittgenstein « Il est étrange que l’on dise de Dieu qu’il a créé le monde et non : Dieu crée continuellement le monde. Pourquoi faudrait-il que le fait que le monde ait commencé à exister soit un plus grand miracle que le fait d’avoir continué à exister »


2 - Jésus de Nazareth par Benoît XVI

« La vie éternelle, c’est… » p 105 et 107 L’expression « vie éternelle » ne signifie pas – comme pense peut-être d’emblée le lecteur moderne – la vie qui vient après la mort, alors que la vie présente est justement passagère et non pas éternelle. « Vie éternelle » signifie la vie elle-même, la vrai vie, qui peut être vécue aussi dans le temps et qui ensuite ne s’achève pas par la mort physique. C’est ce qui nous intéresse : embrasser d’ores et déjà « la vie », la vraie vie, qui ne peut plus être détruite par rien, ni par personne.

La « vie éternelle » est donc un événement relationnel. L’homme ne l’a pas acquise tout seul, pour lui seulement. Par sa relation avec celui qui est lui-même la vie, l’homme devient aussi un vivant.
Des étapes préparatoires de cette pensée profondément biblique peuvent être retrouvées également chez Platon, qui a accueilli dans son œuvre des traditions et des réflexions très diverses sur le thème de l’immortalité. Ainsi se trouve chez lui aussi l’idée selon laquelle l’homme peut devenir immortel en s’unissant lui-même à ce qui est immortel. Plus il accueille en lui la vérité, plus il se lie à la vérité et y adhère, plus il vit en référence à cela et il est comblé par ce qui ne peut être détruit. Dans la mesure où, pour ainsi dire, il s’attache lui-même à la vérité, dans la mesure où il est soutenu par ce qui demeure, il peut être sûr de la vie après la mort – d’une vie pleine du salut.

« Lumière du Monde » page 220 par Benoît XVI
[Dieu] a pu, au-delà de la biosphère et de la noosphère, comme le dit Teilhard de Chardin, créer encore une autre sphère dans laquelle l’homme et le monde ne font qu’un avec le Dieu ».



3 - Teilhard, prophète du 3ème millénaire

D’après l’étude de Mgr André Dupleix publié dans la revue Teilhard n° 36, Ancien recteur de l’Institut Catholique de Toulouse


Soyons claires : le qualificatif de prophète s’applique parfaitement au jésuite parce qu’il parle de l’intérieur de l’Evangile et qu’il est solidement relié au tronc chrétien…. Si la perspective teilhardienne englobe l’ensemble des champs de nos sociétés contemporaines, sa démarche prophétique ne peut être comprise qu’à partir du Christ, de son évangile et du salut universel dont il est la source.
Il y a effectivement une architecture extrêmement solide du système teilhardien, que l’on peut analyser à partir de différents angles, tous complémentaires. Cette pensée, avec sa symbiose constante entre symbolisme, dialectique et rigueur, peut relever d’une philosophie de la nature, d’une phénoménologie, d’une théologie voire d’une métaphysique, l’ensemble bien sûr dans la perspective scientifique de l’évolution.

Vendredi 3 Juin 2011 20:42