Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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DIEU FAIT LE MONDE SE FAIRE


Voici quelques extraits des Ecrits de Teilhard de Chardin concernant : « Le dedans et le dehors des choses ». Puissent-ils servir lors de nos réflexions.
Ces propos représentent une tentative rationnelle pour décrire notre humanité . Les scientifiques rejetteront ces propos comme irrationnels et les « Spiritualistes » rejetteront ces mêmes propos comme panthéistes.
Mais avec la théorie de l’incomplétude, certains scientifiques reconnaissent leur difficulté pour une connaissance totale du Réel. La Sagesse moderne en quête d’éthique cherchera le Bien par une Loi incertaine et évolutive. « On ne sait pas ce qui est Bien, on sait ce qui est mal » K. Popper. La Loi est promulguée pour corriger les erreurs de la Société. Ainsi donc, entre la recherche de validation de la loi scientifique et la validation de la loi pour reconnaître le bien, les propos de Teilhard prennent tout leur sens.
« Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement. » St Paul , Epitres.


Maintenant, je vais vous livrer quelques citations de Teilhard de Chardin :
Le dedans et dehors des choses
I, 30. Le moment est venu de se rendre compte qu’une interprétation, même positiviste, de l’Univers doit, pour être sstisfaisante, couvrir le dedans, aussi bien que le dehors des choses, - l’Esprit autant que la Matière. La vraie Physique est celle qui parviendra, quelque jour, à intégrer l’Homme total dans une représentation cohérente du monde.

I, 50. Nous venons de décrire, dans ses liaisons et ses dimensions mesurables, le Dehors de la Matière. Il nous faut, pour avancer plus loin dans la direction de l’homme, étendre la base de nos constructions futures au-dedans de cette même Matière.

I,51. Dans tous ces cas, et dans d’autres semblables, aucune apparition absolue de grandeur nouvelle. Toute masse est modifiée par sa vitesse, Tout corps radie, Tout mouvement, suffisamment ralenti, se voile d’immobilité… Ainsi en va-t-il pour le « dedans » des choses… Aux yeux du Physicien, il n’y a légétimement rien (au moins jusqu’ici) qu’un dehors des choses… Et finalement elle échoue complètement avec l’Homme, chez qui l’existence d’un « intérieur » ne peut plus être esquivée, puisque celui-ci devient l’objet d’une intuition directe et l’étoffe de toute connaissance.

I.52, Puisque, en un point d’elle-même, l’Etoffe de l’Univers a une face interne, c’est forcément qu’elle est biface par structure, c’est-à-dire en toute région de l’espace et du temps, aussi bien par exemple que granulaire : Coextensif à leur Dehors, il y a un Dedans des Choses…
Dans une perspective cohérente du Monde, la Vie suppose inévitablement, et à perte de vue avant elle, de la Prévie.

I.54,55, Nous venons de reconnaître dans celle-ci l’existence d’une face interne consciente qui double nécessairement, partout, la face externe, « matérielle », seule considérée habituellement par la Science…
Première remarque… Regardée du dedans, aussi bien qu’observée du dehors, l’Etoffe de l’Univers tend donc à se résoudre également vers l’arrière en une poussière de particules : 1) parfaitement semblables entre elles (au moins si on observe à grande distance) ; 2) coextensives chacune à la totalité du domaine cosmique ; 3) mystérieusement reliées entre elles, enfin, par une énergie d’ensemble… L’atomisme est une propriété commune au-dedans et au Dehors des Choses.
Deuxième remarque : Réfractée en arrière dans l’Evolution, la conscience s’étale qualitativement en un spectre de nuances variables dont les termes inférieures se perdent dans la nuit.
Troisième remarques : perfection spirituelle (ou «centréité » conscience) et synthèse matérielle (ou complexité) ne sont que deux faces ou parties liées d’un même phénomène.

I,70 : Par « Dedans de la Terre » je ne veux pas dire ici, on m’entend bien, les profondeurs matérielles où, à quelques kilomètres sous nos pieds, se dérobe un des plus irritants mystères de la science : la nature chimique et les conditions physiques exactes des régions internes du Globe. Par cette expression je désigne, comme au chapitre précédent, la face « psychique » de la portion d’Etoffe cosmique encerclée, au début des temps, par le rayon étroit de la Terre juvénile.

I.162 : Et que seraient du reste, nous l’avons dit, les énergies mécaniques elles-mêmes sans quelque dedans pour les alimenter ?.. Sous le « tangentiel », le « radial ». L’ « impetus » du Monde, trahi par la grande poussée de conscience, ne peut avoir sa source dernière, il ne trouve d’explication à sa marche irréversiblement tendue vers de plus hauts psychismes, que dans l’existence de quelque principe intérieur au mouvement.
Comment avec du Dehors, entièrement respecté dans ses déterminismes, la Vie peut-elle bien opérer librement du Dedans ? Cela nous le comprendrons peut-être mieux un jour.

II,358 : … La grande peur suscitée par un danger planétaire imminent serait suffisante à coup sûr pour galvaniser et souder momentanément entre eux tous les égïsmes et les nationalismes de la terre. Mais cette unification provisoire des intérêts par le dehors manquerait certainement de la solidité et de la chaleur requises pour que se produise un véritable et fécond rapprochement des volontés et des cœurs. Plus on approfondit cette question, si fondamentale et si urgente, du développement d’une cohésion spirituelle à l’intérieur de l’Espèce humaine, plus on se convainc que la solution finale du problème est à chercher non dans quelque élévation générale du niveau de vie (comme on paraît le croire à la Société des Nations), mais du côté de l’action fusionnante exercée du dedans, sur la multitude des êtres pensants, par le foyer ultime de leur co-réflexion.

III,283 Chaque ramification vivante, donc, prise dans son intégrité, se compose de caractères à la fois anatomiques et psychiques étroitement associés. Elle a, en quelque façon, un dehors et un dedans, un corps et une âme. Mais tant s’en faut que cette dualité se trouve partout également accusée. Dans les formes dites inférieures, où le système nerveux cental est encore faiblement développé, le psychique est, au moins relativement à nos yeux, immergé et comme noyé dans les déterminimes matériels : l’espèce, la race, sont surtout anatomique…. L’âme tend à dominer sur le corps de l’espèce et de la race. Et finalement le phénomène prend une ampleur tangible dans le cas du groupe le plus « cérébralisé» qui existe sur terre, l’humanité.

VI,41 : … Mais regardons très froidement, en biologistes ou en ingénieurs, l’atmosphère rougeoyante de nos grandes villes, le soir. Là, - et partout, du reste, - la Terre dissipe continuellement, en pure perte, sa plus merveilleuse puissance. La terre brûle « à l’air libre ». Combien d’énergie, pensez-vous se perd-il, en une nuit, pour l’Esprit de la Terre ?... L’Amour est une réserve sacrée d’énergie, - et comme le sang même de l’Evolution spirituelle : voilà ce que nous découvre, en premier lieu, le Sens de la Terre.

VII 114, Observée du dehors, la division cellulaire, opération fondamentale de la reproduction, paraît simple : la Matière n’est-elle pas essentiellement morcelable ? – Mais comment, du point de vue intérieur ou centrologique, expliquer le dédoublement « psychique » qu’elle entraîne ? Un centre de conscience n’est-il pas essentiellement tourné vers lui-même et fermé sur soi ? Comment, dès lors, concevoir, de la cellule-mère à la cellule-fille, le passage et la communication d’un « dedans » ?

VII, 140 Jusqu’ici ce grain élémentaire a toujours été regardé comme privé à la fois de tout vestige de conscience et de toute trace de liberté. Définissons-le au contraire, comme possédant les trois propriétés suivantes : I. Un dedans (ou immanence) rudimentaire. 2 . Un rayon et un angle (aussi limités qu’on voudra) de self-détermination. 3. Une polarisation psychique, l’inclinant fondamentalement à s’associer avec d’autres corpuscules de manière à former, avec ceux-ci, des unités de plus en plus complexes, cette complexité ayant pour effet (en vertu d’une propriété primitive et essentielle de l’être cosmique) d’accroître tout à la fois, dans le corpuscule qui l’acquiert, le degré d’immanence et les possibilités de choix.

IX. 126 Spéculativement, nous nous trouverions en possession d’une clef qui (en tenant compte des analogies voulues) nous permettrait d’explorer par le dedans l’Univers que la Physique a essayé, jusqu’ici, de saisir par le dehors. Si vraiment, ainsi que nous l’avons noté, les lois de la Matière brute et les démarches externes de la Matière vivante peuvent se suivre en remontant jusqu’à nous, et se retrouver en nous-mêmes, « hominisées », c’est que nous pouvons, inversement, chercher à les comprendre, les unes et les autres, en redescendant vers elles par le dedans pour nous y reconnaître, matérialisés. Dans le domaine de la Vie ? par exemple, M. Le Roy a montré dernièrement quel parti on pouvait tirer de la notion d’invention pour porter quelque lumière dans le mécanisme de l’évolution organique.



Mardi 7 Juillet 2009 10:05