Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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d'après le chapitre "La Pensée" du PHENOMENE HUMAIN



Teilhard parle souvent de conscience dans ses écrits et particulièrement dans ce chapitre .

« Pour que tous soient UN comme vous mon père, vous êtes en moi et moi en vous , pour que eux aussi ils soient un en vous afin que le monde croie que vous m’avez envoyé . »(St Jean)
L’Esprit Saint est lieu de convergence spirituelle entre Dieu et nous. Un tel dialogue n’est pas humain , un impératif domine la volonté de Dieu dans sa propre trinité .
Teilhard invite à intensifier le courant de prière. Cette prière commune alimentée par la parole de Dieu est une source inépuisable où les chrétiens de toutes confessions peuvent venir se désaltérer ensemble dans le respect et l’amour mutuels; chacun conservant son identité propre tout en respectant celle des autres

La conscience : Le sens psychologique est la connaissance ,l’intuition ou le sentiment qu’un sujet possède de lui-même de ses états et de ses actes . Le sens moral est la capacité de formuler des jugements moraux sur le bien et le mal .

Par la conscience le monde devient objet de connaissance et de réflexion . Elle permet à l’homme de répondre de ce qu’il est . Ceci l’élève au dessus de l’animal . « L’ animal sait bien entendre ,mais il ne sait pas qu’il sait. »
Qui dit conscience dit toute remise en question des perceptions , des opinions et des jugements. Le doute a pour but d’aboutir à la découverte d’une vérité fondatrice indubitable et certaine à partir de laquelle la science et la connaissance pourraient être refondées .
Les sens peuvent être trompeurs ,les pensées aussi ,comme celles qui ne procèdent pas de l’expérience et sont dans notre esprit . Mais il faut bien qu’un être les y ai mises . Douter de ces vérités , c’est donc nécessairement poser l’hypothèse de l’existence de Dieu . Pour douter il faut penser et pour penser il faut être soi. Kant présente la conscience comme une fonction nécessaire de la pensée mais ne donne pas la connaissance de ce que nous sommes .
Chez Bergson la conscience est une chose concrète c’est à dire une réalité dont nous faisons l’expérience à chaque instant, elle accompagne chacune de nos perceptions et chacun de nos actes .La conscience est le lieu dans lequel les évènements s’impriment. Etre conscient signifie être capable d’effectuer le lien entre un évènement présent et un évènement passé Elle est aussi tension vers l’avenir et relation au monde .
Bergson dit « La conscience est la puissance de choix . »

Pour Teilhard : « La conscience n’étant rien moins à son tour ,nous le savons maintenant que la substance et le sang de la vie en évolution . »


Samedi 26 Mai 2018 09:26

Les Directions de l'Avenir


Nouvelle chaîne YouTube "NOOSPHÈRE PLUS"
Dans le cadre de l'association nationale des "Amis de Pierre Teilhard de Chardin, nous avons le plaisir de vous présenter la chaîne YouTube NOOSPHÈRE PLUS.
https://www.youtube.com/channel/UCQifW32y439swtCxckzL-5g

Régulièrement des vidéos de 3 à 5 min seront mises en ligne. Celles-ci seront généralement associées avec une conférence ou une discussion plus complète.
 
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Lundi 21 Mai 2018 10:09

Le sujet de ce mois mérite d’être développé. J’en ai donc fait un résumé en me référant aux travaux du Père Brune qui associent science et spiritualité

François Brune, né le 18 août 1931 à Vernon dans l'Eure, est un prêtre catholique français. Il est auteur de nombreux ouvrages concernant la théologie, la spiritualité, la vie après la mort et le paranormal en rapport avec la foi catholique.


Marcel  Comby / LA SURVIE   Chapitre I : L’ISSUE COLLECTIVE (LE PHENOMENE HUMAIN)
Les problèmes actuels liés à l’augmentation du nombre des Terriens dans les années à venir et à l’évolution due au réchauffement climatique, conduisent l’homme à envisager une migration vers des terres inconnues : la lune, la planète Mars et même une exo planète. La technologie le permettra sans doute. La notion de Noosphère épousant exactement la rotondité de la Terre deviendrait donc obsolète. La survie de l’humanité devrait donc être pensée selon des critères de nature cosmique et universelle.
En premier lieu, l’humanité doit participer au salut. Dans Christ et Karma, le père Brune soutient que le salut n'est ni octroyé de l'extérieur, ce qui dispenserait de toute conversion intérieure, ni obtenu par soi seul, ce qui rendrait inutile le sacrifice du Christ sur la Croix.
Pour expliquer le mécanisme de la Rédemption et la participation de l'homme et du Christ à l’œuvre de salut, le Père François Brune fait appel à deux paradigmes scientifiques : l'hologramme et la non-séparabilité. La notion d'hologramme permet de concevoir que l'on puisse être à la fois une partie d'un système et sa totalité. Il permet selon Jean Staune de comprendre le problème de l'Incarnation et du statut du Christ à la fois vraiment homme et vraiment Dieu. La métaphore de l'hologramme permet de comprendre les paroles du Christ quand il dit à la fois « Qui m'a vu a vu le Père » et « Le Père est plus grand que moi», ce qui signifie : je suis porteur de la totalité de l'information du système, tout en n'étant qu'une partie de celui-ci.
La non-séparabilité entre deux particules, démontrée expérimentalement par Alain Aspect en 1982, est la connexion supra naturelle qui relie deux particules en dehors du temps et de l'espace. Cette action organique au sein du monde invisible est au cœur du concept de communion des saints. Mais une conséquence de ce système est que tous les hommes sont liés entre eux malgré toute distance qui les lie et que toutes nos actions impactent non seulement notre destinée, mais aussi celle de l'humanité et même de tout l'univers. Tous les êtres humains sont à la fois source de la chute de l'humanité et en même temps acteur efficace de la Rédemption. Le Christ par son Incarnation, est au centre de la collectivité humaine et son action s'étend au travers du temps et de l'espace, ce qui explique qu'il peut sauver des hommes ayant vécu avant l'Incarnation ou dans des régions où sa parole humaine n'est jamais arrivée. Thérèse de Lisieux disait que : « Une âme qui s'élève élève le monde». Il y a dans cette conception une non-séparabilité entre tous les humains au-delà de l'espace et du temps. La survie de l'homme ainsi que l’issue collective est conditionnée par le fait que le progrès moral n’est pas seulement une juxtaposition d’efforts individuels mais un ensemble où tous les éléments vivent en interdépendance les uns des autres. Le monde n'est que vibrations et que les pensées les émotions et les sentiments agissent sur tout l'univers. Cela est valable pour les humains mais encore davantage pour le Christ qui par sa pensée et la force de son Amour agit sur toute l'humanité à travers le temps et l'espace. Ce qui explique l’efficacité de la prière et l’effet non négligeable que produirait une re-spiritualisation des esprits en Occident et une redécouverte par les croyants égarés, désespérés ou simplement désenchantés, du mystère chrétien eucharistique.
Pour François Brune, l'hostie est réellement le corps du Christ. Le sacrifice de la Messe n'est pas un autre sacrifice que celui de la Croix, ce dernier étant unique selon les Écritures. Chaque messe coïncide avec l'instant même de la mort et de la résurrection du Christ et toutes les hosties consacrées avec le corps du Christ : la messe n'est ni une représentation symbolique, ni le renouvellement d'un événement unique : l'interaction entre ce sacrifice et le communiant ne décroît pas avec la distance spatiale et temporelle, car la messe efface toute préséance entre passé et futur. Les célébrations de la messe ne constituent pas autant de sacrifices mais autant de moyens de rejoindre, à travers le temps et l'espace, toujours le même et unique sacrifice de la Croix. François Brune reprend l'analogie de la plaque de l'hologramme pour illustrer que, lorsque l'on rompt l'hostie, chaque parcelle demeure le corps du Christ tout entier.
Notre monde doit donc retrouver l’Esprit de la Terre tel que nous le présente Teilhard de Chardin dans son livre : Le Phénomène Humain page 272 L’humanité d’abord, ne représente pas seulement une abstraction au sein de laquelle tout s’exprime en termes d’échanges de richesses matérielles ou culturelles. Pour Teilhard, l’humanité est de nature spirituelle car ses racines sont cosmiques. Ceci implique que notre planète devrait être non pas un ensemble d’états repliés sur leurs intérêts immédiats mais plutôt un harmonieux concert de nations où l’on se parle. Teilhard explique ensuite que la Science est sœur de l’humanité. Je dirais même qu’elle en est le symbole car sa transparence nous révèle certains concepts jugés nécessaire pour comprendre notre monde et en saisir toute sa cohérence à la lumière de ce qui est légitime de croire. « Savoir plus, pour pouvoir plus, pour être plus » Le Père Brune a bien compris cette logique puisqu’il fait référence à la physique quantique. Enfin Teilhard parle de l’édification unanime d’un Esprit de la Terre. L’Etoffe de l’Univers, en devenant pensante, n’a pas encore achevé son cycle évolutif. Les différentes civilisations, déjà liées économiquement et politiquement devront donc s’interpénétrer pour aborder un nouveau pont critique qui se situe dans le champ de l’Esprit. Comme le dit Teilhard : il s’agit d’un saut dans le radial. C’est évidemment toute l’humanité qui est concernée comme elle est concernée par toutes les interrogations découlant des progrès de la technique.

Jeudi 17 Mai 2018 15:56

chapitre extrait du livre "LE PHENOMENE HUMAIN"


Christiane Latraiche /  LA NOOSPHERE,
Selon la définition d'internet la noosphère se présente comme un ensemble organiquement articulé trahissant manifestement un phénomène de croissance. La noosphère est la dernière des nombreuses étapes de l,évolution de la biosphère dans l'histoire biologique. L'itinéraire de cette évolution commence seulement à nous apparaître plus clairement à travers l'étude du passé géologique de la biosphère . La noosphère développée paTTEILHARD connait aujourd'hui un deuxième souffle avec internet Pour Teilhard la noosphère est une enveloppe invisible qui recouvre la terre et qui contient une foule d'informations ainsi que les pensées des humains vivants sur terre . L,hémisphère gauche de notre cerveau est dévolu à la logique, c'est le cerveau du chiffre . L'hémisphère droit est dévolu à l'intuition , c'est le cerveau de la forme. Pour une même information chaque hémisphère aura une perception différente ,pouvant déboucher sur des conclusions absolument contraires .ll semblerait que la nuit, seulement l'hémisphère droit conseiller inconscient par l'entremise des rêves donne son avis à l'hémisphère gauche, réalisateur conscient, à la manière d'un couple dans lequel la femme intuitive glisserait furtivement son opinion à son mari matérialiste . Selon le savant Vladimir Vernadski et Teilhârd de Chardin , ce cerveau intuitif serait doté d,un autre don encore, celui de pouvoir se brancher sur ce qu'ils nomment la noosphère . Elle pourrait être représentée comme un grand nuage cernant Ia planète tout comme l,atmosphère. Ce nuage sphérique immatériel serait composé de tous les inconscients humains émis par les cerveaux droits. L'ensemble constituerait un grand ensemble , l'esprit humain global en quelque sorte. C'est ainsi que nous croyons imaginer ou inventer des choses alors qu'en fait , c'est tout simplement notre cerveau droit qui va chercher dans la noosphère les informations. Lorsque notre cerveau gauche écoute attentivement notre cerveau droit l'information passe et débouche sur une idée apte à se concrétiser en actes . Selon cette hypothèse,un peintre,un musicien un inventeur ou un romancier ne seraient que des récepteurs radio, capables d'aller avec leur cerveau droit puiser dans l'inconscient collectif, puis de laisser communiquer hémisphères droit et gauche suffisamment librement pour qu'ils parviennent à mettre en oeuvre les concepts qui trainent dans la noosphère à la disposition de tous . Ce qui expliquerait l'existence des petits prodiges de 5 ans. Vernadski prophétise un 21eme siècle noosphérique ou l'humanité libre et créatrice pourra étendre la Biosphère partout y compris hors des limites de la planète terre .C'est ainsi que l'on pourrait voir des sites comme des neuronnes et leurs liens comme des axonnes . Wikipédia représenterait la mémoire sécantique ,ta blogsphère (blogs personnels) la mémoire épisodique (en relation directe avec la mémoire du travail). lnternet permettrait selon cette perspective à la pensée de toute l'humanité d,être connectée . ce fantasme de conscience mondiale se trouve déjà dans nombres d'écrits de science fiction notamment dans les mangas .Ainsi les nouvelles technologies vont changer notre relation à la noosphère et faire paraître, demain nos réalisations d'aujourd'hui bien triviales'. L'humanité en tant que matière vivante est liée de manière inséparable aux processus matériels énergétiques d'une enveloppe géologique spécifique de la terre appelée « biosphère » . Elle ne peut être indépendante de la biosphère ne serait ce qu'un seul instant . Le concept de la biosphère étant le « domaine de la vie ». A partir de 1945 nous sommes entrés dans la noosphère , Ce qui importe c'est que nos idéaux démocratiques soient en accord avec le processus géologique ,les lois de la nature et la noosphère ' D,où l'importance que les philosophes,les scientifiques et psychologues pensent INTERNET '

Mercredi 9 Mai 2018 12:43

selon le chapitre du PHENOMENE HUMAIN de Teilhard de Chardin


Marcel COMBY / Le déploiement de la noosphère / Les dernières avancées en paléontologie
L’histoire de la paléontologie a débuté par la curiosité que les hommes ont éprouvée lors de la découverte de fossiles pétrifiés dans le sol. Cela date de l’Antiquité. Cependant la paléontologie dans le sens moderne, basée sur des méthodes scientifiques, n’a connu un véritable essor qu’à partir du début du XIXe siècle. La prise de conscience de la nécessité de cette discipline nouvellement baptisée « paléontologie » en 1822 s'est produite progressivement et conjointement avec l'avènement de la théorie de l'évolution des espèces (se rapporter à Lamarck et Darwin). Puis à l'époque où la paléontologie française n'était encore qu'une science annexe de la géologie, le Père Teilhard de Chardin lui apporta une dimension nouvelle et une méthode d'étude révolutionnaire par son aspect évolutionniste. Pour lui en effet, le mot évolution n'était pas seulement un terme biologique, mais également une méthode historique d'étude des êtres vivants. C'était, en d'autres mots, retracer l'histoire de la vie. En outre, pour Teilhard, l’apparition de l’homme marque la naissance de la Noosphère. Mais depuis Teilhard, s’est écoulé un temps durant lequel les scientifiques ont mis leur savoir au service de la recherche en paléontologie.

Une des questions qui a fait débat concerne le rôle joué par les Néandertaloïdes. Le magazine Science Actualités.fr titre à ce sujet :
« Neandertal, premier artiste de l’humanité ? »
L’homme de Neandertal a largement pâti d’un regard négatif en comparaison avec l’Homo sapiens. Mais il serait en cours de réhabilitation du fait qu’on ait découvert qu’il serait l’auteur des plus anciennes peintures rupestres connues. Celles-ci ornent trois grottes espagnoles et viennent pour la première fois d’être datées. On parle de plus de 65 000 ans !! À cette époque, seul l’homme de Neandertal vivait dans la région, Homo sapiens ne s’étant installé en Espagne que 20 000 ans plus tard. Cette découverte bouleverse donc nos connaissances sur Neandertal. Ce que l’on a daté ne sont pas les tracés de couleur rouge ou noir, mais la calcite se trouvant au-dessus et au-dessous de ces tracés.
La calcite est une roche qui se forme en présence d’humidité. Basée sur la désintégration de l’uranium, la méthode de datation permet, contrairement au carbone 14, d'évaluer l'âge des roches et pas seulement des matériaux organiques comme le charbon de bois. Ces nouvelles datations apportent la preuve formelle de l’ancienneté, déjà soupçonnée, de ces peintures. Une autre datation sur des coquilles marines a donné 115 000 ans !

Le même magasine nous parle du phénomène d’extinction de masse durant certaine période de l’évolution cosmique concernant notre planète.
Il y a 252 millions d'années disparaissaient la quasi-totalité des espèces marines, les deux tiers des reptiles et des amphibiens, ainsi qu'une bonne partie de la flore. On attribue cette extinction massive à un volcanisme gigantesque à l’échelle du globe, suivi d’un fort rejet de CO2 dans l’atmosphère ou encore à des impacts de météorites de grande taille. Des chercheurs de l’université de Californie à Berkeley ont effectué une expérience de laboratoire afin de mesurer les effets d’un affaiblissement de la couche d’ozone. Consulter « Science Advances » du 8 février 2017. Deux mois d’expériences ont permis d’expliquer la disparition de la d’une grande partie de la flore à la fin du Permien ainsi que la disparition de la faune privée d’alimentation.

Le même magasine évoque la question relative aux plus vieilles traces d’Homo sapiens hors d’Afrique. On sait qu’Homo sapiens naquît probablement en Afrique il y a plus de 300 000 ans mais il est difficile de savoir à quelle époque nos ancêtres ont rejoint d’autres continents. Une demi-mâchoire découverte en Israël semble montrer qu’Homo sapiens s’était déjà aventuré hors d’Afrique il y a environ 180 000 ans, soit 60 000 ans plus tôt que les précédentes estimations. Au fil des découvertes, l’histoire de l’humanité se révèle de plus en plus clairement aux yeux des paléoanthropologues. Pendant longtemps, les plus vieilles traces connues d’Homo sapiens, situées en Éthiopie, remontaient à environ 195 000 ans. Mais l’an dernier, la datation de crânes d’Homo sapiens a montré que notre espèce existait déjà au Maroc, au Djebel Irhoud, il y a 315 000 ans. Mais il s’agit de savoir à quelle époque l’Homme moderne est-il sorti d’Afrique ?

La revue « Science » en date du 25 janvier 2018. rapporte que, dans la grotte Misliya, sur le mont Carmel en Israël, une équipe internationale vient de réaliser une découverte portant sur la moitié d’une mâchoire supérieure possédant encore ses dents et qui appartient bien à un Homo sapiens. La datation indique environ 180 000 ans ; ce sont alors les plus vielles traces connues
Mieux, des outils de pierre taillés selon la méthode dite « Levallois » ont été retrouvés à proximité, dans des couches datant de la même époque. Des outils similaires ayant également été découverts au Maroc, il semble que cette technique de taille complexe ait émergé avec l’apparition et la dispersion de notre espèce, d’abord en Afrique, puis en Asie occidentale.

La revue « Monde Paléontologie » expose une découverte qui bouleverse l’histoire d’Homo sapiens. Ainsi des restes, trouvés au Maroc, de cinq individus datant d’environ 315 000 ans pourraient repousser de 100 000 ans l’âge de notre espèce, et plaideraient pour son origine « panafricaine ». La découverte est due à une équipe internationale dirigée par Jean-Jacques Hublin (né le 30 novembre 1953 à Mostaganem en Algérie française) Elle déplace nos origines vers le nord-ouest du continent africain, alors que les fossiles les plus anciens provenaient jusqu’à présent d’Afrique du Sud et de l’Est-africain. Les premiers ossements humains découverts en Ethiopie avaient moins de 200 000 ans. Le Maroc serait donc le nouveau berceau de l’humanité ? On est bien loin dans le temps de nos premiers ancêtres car il nous faut compter en millions d’années. Les australopithèques tels que Lucy vivaient en Ethiopie il y a 3,2 millions d’années.

Le site marocain de Djebel Irhoud, où les fossiles ont été trouvés, marque un nouveau jalon dans l’histoire humaine la plus récente, à une époque où plusieurs espèces apparentées coexistent sur la planète – Néandertaliens en Europe, Dénisoviens et erectus en Asie, Florès en Indonésie… De ce buissonnement du genre Homo ne subsiste aujourd’hui qu’une seule espèce, la nôtre, Homo sapiens, et la découverte marocaine repose la question de son enracinement initial. Hublin déclare qu’en fait, l’émergence de l’homme moderne est plus ancienne encore et qu’il s’agit d’un phénomène panafricain. Mais dans tout cela demeurent de nombreuses incertitudes. Il y a 300 000 ans, l’Afrique était totalement verte et le Sahara était absent ; donc on ne peut raisonner en faisant appel aux frontières géographiques et climatiques.
« On peut donc imaginer des connections entre groupes humains, qui échangent des gènes par métissage, et des éléments culturels », déclare le directeur de l’équipe de recherche. De nombreux chercheurs ont émis des hypothèses sur l’organisation du monde durant des temps très longs, mais nombreux furent ceux qui réfutèrent certains paramètres comme la datation.

A quoi ressemblaient donc ces premiers humains ? « Leur visage n’était pas différent de celui de n’importe qui dans le métro » dit Jean-Jacques Hublin. Leur boîte crânienne était aussi volumineuse mais moins globulaire que la nôtre, et leur cervelet moins développé. « L’évolution ne s’arrête pas, nous évoluons encore », souligne le chercheur, pour qui toute la différence entre les premiers sapiens et nous tient probablement dans l’organisation interne du cerveau, sa connectivité. Malheureusement, la génétique, une spécialité de l’institut de Leipzig, ne sera d’aucun secours pour en savoir plus : il fait trop chaud au Maroc pour espérer récupérer de l’ADN ancien sur des fossile

Lundi 19 Mars 2018 09:00

« le phénomène humain », La naissance de la pensée


Marcel Comby / La pensée
Toutes nos pensées créent ce qui est notre réalité d’être humain et contrôlent notre univers mental. Elles accompagnent le regard de notre esprit.
 
     Dans son livre : Le Phénomène Humain (Chapitre  p 179) Pierre Teilhard de Chardin aborde l’étape la plus spectaculaire de l’Evolution, à savoir la naissance de la pensée. D’abord, ce qu’il considère comme un paradoxe, est le fait que d’une part l’être humain diffère morphologiquement  très peu de l’animal et que, d’autre part, le même être humain est né d’une véritable métamorphose dans le chemin déjà vertigineux emprunté par les sphères mouvantes de la Vie. En fait, selon Teilhard, le Pas de la Réflexion est le pouvoir acquis par une conscience de se replier sur soi et de prendre possession d’elle-même de sorte que la connaissance de l’environnement est doublée de la connaissance de sa propre faculté de connaitre. Les conséquences en sont immenses : c’est un autre monde qui naît écrit Teilhard. On peut donc parler de l’apparition  d’un Univers de la Pensée ! A ce stade de l’Evolution, la Vie s’est comme transformée en profondeur.
 

Reste à méditer sur les nouvelles formes revêtues par les mécanismes de la Vie. On doit évoquer ici la question de l’intelligence véritable et celle de l’instinct.  Teilhard pense qu’il existe dans la Nature une multitude de formes d’instincts. Mais, toujours pour suivre l’intuition de Teilhard, disons que dans la suite croissante des instincts il existe un point majorant où s’est effectuée une importante révolution. Pour un accroissement tangentiel infime concernant la morphologie, le radial a plongé vers l’infini faisant jaillir la conscience dans un espace de relations et de représentations super sensibles. De l’atome à la cellule puis de la cellule à l’animal pensant, un même processus continu et bien orienté s’est poursuivi avec, dans le temps, l’apparition de phénomènes de discontinuités désignés sous le terme de seuil.    A chaque seuil surgit un nouvel état de la matière et ceci jusqu’à la Convergence de l’Esprit.  Dans ce merveilleux processus de genèse, Teilhard précise deux choses fondamentales : la première stipule que l’humanité a émergé d’un tâtonnement général de la Terre ce qui suppose une gigantesque masse d’efforts et d’énergies mise en œuvre dans cet accomplissement ; la seconde nous met en garde contre nos illusions et nos fascinations qui peuvent nous suggérer des hypothèses très fragiles et incohérentes. En fait, malgré nos progrès scientifiques, nous aurons toujours face à nous le problème des origines. Teilhard conclut : ce n’est pas dans leurs germes que les êtres se manifestent, mais dans leur épanouissement…Mais, si nous voulons comprendre la nature spécifique et deviner le secret de l’Homme, il n’est pas d’autre méthode que d’observer ce que la Réflexion a déjà donné, et ce qu’elle annonce, en avant.
 
                                                                                               MARCEL  COMBY

Mercredi 14 Mars 2018 10:50

chapitre extrait du PHENOMENE HUMAIN / Demeter


Christiane Latraiche / L'importance de la transmission
La transmission fait partie intégrante de l’évolution, aussi bien chez les humains que chez les animaux ,pour ces derniers nous parlerons plus de transmission que d’évolution.
Il n’ a jamais été aussi important de transmettre, ce qui est le travail de tout un chacun . La tendance de la société actuelle est de mettre de côté les anciens ,les rapports familiaux changent ainsi que la relation famille/école ,l’individualisme triomphe . Aller de l’avant est important sans faire abstraction des repères anciens mais, au contraire, de s’en servir comme d’un tremplin .
Transmettre est consubstantiel à la nature humaine ,qu’il s’agisse de la vie que l’on donne ,du savoir que l’on partage ,des rites et des croyances que l’on diffust oralement ou par écrit. Le niveau intellectuel global des familles et de la société a progressé ,informations et savoirs circulent de toute part . Dans les années à venir un métissage croissant de différents modes d’enseignements ,les formes traditionnelles à coté des pratiques nouvelles se développeront,demandant beaucoup de discernement .

« L’évolution des mammifères. »
La morphogenèse et l’origine des coaptations (ajustement immédiat et parfait de deux organes d’un même individu) : le biologiste et généticien CUENOT pensait qu’une forme de conscience des besoins ,une sorte de démon organisateur était à l’origine de ces formidables outils qui ne devaient rien au hasard tesl le bouton pression de la carapace du crabe et les canules perforées de côté injectant un liquide toxique paralysant chez les araignées et les scorpions . L’évolution des mammifères risque de se dégrader sans efforts importants et sans réorientation des priorités .En effet les lieux où les mammifères sont le plus menacés ne sont pas ceux où les politiques de protection sont aujourd’hui les plus actives et les zones protégées pourraient ne pas être suffisantes pour atténuer les pertes .
La transformation des espèces évoluera au fil des années sans jamais pouvoir vraiment entrer dans une catégorie historique épistémologique tel que le darwinisme le suggérait , d’où l’ambiguïté .Un animal est au bout de quelques mois ce qu’il sera toute sa vie .Les sociétés animales sont rigoureusement immuables . L’animal est de part en part programmé par la nature .

« Les Primates . »
Ils représentent le phylum de pure et directe cérébralisation . Ils consomment quotidiennement 50% de calories en moins que les autres mammifères .Ce métabolisme lent expliquerait pourquoi les humains et les autres primates grandissent lentement et vivent mieux . La mise en place des différents caractères propres à l’homme s’est faite sous l’action de l’évolution darwinienne et est toujours en action à l’heure actuelle.

« L’INDIVIDU »
Teilhard dit « Pour arracher l’individu à sa paresse naturelle …… »
Tout au long de sa vie l’être humain a à faire des choix qui le font évoluer .Il n’y a pas de hasard mais des chances que la vie lui propose . « Avec l’âge les qualités et les défauts se développent . »C’est ainsi que certaines personnes deviennent agressives ,aigries et d’autres tout amour selon le chemin qu’elles ont choisi .
« Ne pas chercher par le dehors ce qui se trouve à l’intérieur de nous . » Teilhard invite à nous intérioriser ,à développer le perfectionnement de notre cerveau . Il y a en nous une faculté de se perfectionner qui réside autant dans l’individu (c’est le rôle de l’éducation) que dans l’espèce ( c’est le domaine de la culture et de la politique) et ne pas oublier la réflexion .
Habiter son corps ,c’est sentir le corps intérieur ,sentir la vie en nous et découvrir que nous somme autre chose au-delà de la forme extérieure. Le mental veut toujours catégoriser ,comparer ,accaparer toute notre attention ,alors nous sommes coupés de notre être. Il est important d’être profondément enraciné . Si nous sommes contrôlés par le mental c'est-à-dire par l’égo nous prenons part à la folie collective . Pour devenir conscient l’homme doit se réapproprier sa conscience au détriment du mental « Bienheureux les pauvres d’esprit ... » .Une connaissance vivante ancienne et pourtant toujours nouvelle est ainsi réactivée et libérée dans chacune des cellules de notre corps.

L’homme doit pour ainsi dire s’inventer lui-même ,s’éduquer et se perfectionner sans cesse ,sans autres limites que celle de sa vie , telle est sa liberté.
Au fil d’une autre histoire ,celle de l’évolution ,il a acquis cette capacité à être libre .
 

Dimanche 25 Février 2018 14:56

« le phénomène humain », collection sagesses, p. 95-135


Catherine GODINOT / L'EXPANSION DE LA VIE
Commentaire par Catherine Godinot

       La Vie est apparue une seule fois sur notre terre dans un océan primitif. Les fossiles les plus anciens connus sur terre, des protoplasmes, ressemblent aux bactéries que nous connaissons aujourd’hui et datent d’environ 3,5 à plus de 4 milliards d’années.  Une soupe primitive contenant des composés organiques simples se sont ensuite combinés pour former des composés plus complexes, ce qui a finalement conduit à la vie. Pour que la Vie ait pu ainsi apparaître, c’est sans doute parce que la terre se trouvait à ce moment-là dans une situation privilégiée qui favorisait l’édification des premiers organismes vivants connus, des protoplasmes.. Cette situation a très peu de chances de se renouveler, sauf, peut-être artificiellement (p.93) . En effet, à partir d’eau, de méthane, d’ammoniac et d’hydrogène, Miller-Urey et ses collègues [Shapiro, R, Origins: a skeptic’s guide to the creation of Life on Earth. Bantam books 1987(o671-45939-2) p. 110] ont en effet observé la formation d’acides aminés, de sucres, des lipides, de composants des acides nucléiques mais pas d’ADN ou d’ARN entier. En 2009, L’équipe de Sutherland réussit à synthétiser des nucléotides dans les conditions plausibles d’une atmosphère prébiotique. [Matthew et al., Synthesis of activated pyrimidine ribonucleotides in prebiotically plausible conditions; Nature 2009, 459:239-242]. A partir de ces éléments, des gènes et des protéines essentiels pour le fonctionnement de la vie se sont formés et la vie a évolué pour donner naissance à des espèces de plus en plus perfectionnées. Les gènes essentiels au fonctionnement de la Vie se retrouvent très similaires dans ces différentes espèces.
 

Cette hypothèse explique la similitude des gènes et des protéines répertoriés chez les différentes espèces d’êtres vivants depuis les bactéries jusqu’à l'homme et, pourtant, une bactérie telle que Escherichia coli ne ressemble pas à un éléphant (!) bien que certains de leurs gènes soient similaires. La Vie est née et s’est propagée sur terre en se développant à partir de l'intérieur d'une sorte de quantum clos défini par l'amplitude de cette émission primordiale. C'est à partir de cette onde unique qu'il faut suivre la propagation jusqu'à et au delà de l'homme (TDC, Phénomène Humain (p.94).
       TDC observe d’abord l’expansion de la Vie de l'extérieur, « du dehors ». Pour que la Vie évolue, le mécanisme vital est d'abord celui de la reproduction. Les cellules se divisent en deux soit par scissiparité (ou mitose donnant naissance à deux cellules filles identiques)  soit par Karyokinèse (ou méiose : donnant naissance à deux cellules différentes contenant pour moitié les gènes de la cellule de la mère et pour moitié les gènes de la cellule du père). Les deux cellules filles provenant de la mitose héritent donc de gènes identiques et peuvent se multiplier  indéfiniment. « En quelques générations, une seule infusoire par exemple, pourrait recouvrir la surface de la terre. » (p.97). L'évolution peut provenir de la combinaison des génomes des cellules sexuées, soit de mutations apparaissant au cours de la reproduction sur le génome de bactéries ou de cellules plus évoluées. Lorsqu'il s'agit de cellules reproductrices, les chromosomes des deux cellules filles seront différents car ils portent des gènes hérités de la cellule mâle et d’autres hérités de la cellule femelle. Les cellules issues de cette reproduction sexuée peuvent alors acquérir de nouvelles propriétés. C'est l'un des procédés génétiques par lesquels l'évolution peut avoir lieu. TDC parle de plus d'orthogenèse pour évoquer une lignée dont un caractère déterminé change par étapes dans la même direction évolutive. L'association des cellules représente de plus un des mécanismes les plus importants que la Vie utilise pour son expansion (p.99). La Vie procède par effets de masse (p.101), des milliards de germes et d'adultes se bousculant. C'est la lutte pour la vie. Le nombre important d’ individus multiplie les chances pour survivre et pour avancer.

       L'Arbre de la Vie apparaît comme un ensemble de fragments à la fois divergents et répartis sur différentes strates : les individus sont rangés suivant  des classes, ordres, familles, genres, espèces, nappes, branches variés… L'agrégation de croissance permet de développer les ramifications de l'Arbre de la Vie (p.115). Cuénot a dessiné une carte de cet Arbre de la Vie en se basant sur les données biologiques: il y montre l'évolution depuis les bactéries jusqu'aux Mammifères. Ces derniers n'occupent qu'un lobe modeste à une extrémité de cette carte (p.128). Bien que les mécanismes par lesquels les espèces ont pu se former ne soient pas connus, cette carte est certainement tout-à-fait plausible. En effet, lors de toute découverte d'un nouvel individu fossile, les paléontologistes lui trouvent aisément sa place naturelle dans ce schéma. Aucun individu ne s'est trouvé réellement nouveau dans l'arbre de la Vie. « La vie correspond à une certaine fonction X, définissant dans l'Espace, dans la Durée, ou dans la Forme la position de chacun des êtres vivants (p.134)» Cependant, Biologistes et Paléontologistes n'étaient pas complètement d'accord sur les mécanismes des transformations de la Vie à l'époque de TDC, mais les progrès récents de l'analyse génétique devraient permettre maintenant d'approcher de la solution et de résoudre leurs différends.

       La Vie a évolué au cours du temps mais le débat perdure pour comprendre où et à partir de quoi sont nés les premiers êtres vivants [Patrick Forterre, « L'origine du génome », dans Les dossiers de La Recherche : l'histoire de la vie, les grandes étapes de l'évolution,  19,  34–40, mai 2005]. Il y a 3,5 à 4 milliards d’années un grand bombardement d’astéroïdes a eu lieu. Il aurait détruit toute trace de vie. Des traces ont été retrouvées dans des roches calcaires, les stromatolites qui existent depuis au moins 3,5 milliards d’années. Ces roches calcaires proviennent de l’activité biologique de communautés bactériennes.

       L’étude de l’ensemble de la masse vivante nous montre des ramifications superposées : classes, ordres, familles, genres, espèces… Les agrégations donnent naissance aux Phyla. Le phylum n’apparaît que dans la durée, c’est-à-dire dans le mouvement. Ce qui le caractérise , c’est sa capacité de développement autonome : il grandit, s’épanouit et disparaît. Du moins, c’est une hypothèse car personne n’était là pour le voir!

       Bien que l’unanimité n’existe toujours pas , que ce soit à l’époque de TDC ou à la nôtre, l’ évolutionnisme a cessé d’être une hypothèse. Les mécanismes de transformations de la Vie permettent l’apparition des caractères nouveaux (hasard ou nécessité) et les thèses créationnistes ne peuvent plus être scientifiquement admises.

Dans les chapitres précédents, TDC a cherché à décrire et à comprendre comment la Vie était apparue et comment l’évolution avait peu à peu donné naissance à toutes les espèces connues sur terre. Il parait évident à tous les chercheurs que des caractères nouveaux ont petit à petit  modifié chaque espèce pour aboutir à de nouvelles espèces. Cette évolution permet aux nouvelles espèces de mieux s’adapter aux contraintes de la vie sur terre. C’est ainsi que de nouveaux organes se sont formés, que sont apparus par exemple, les pattes, les ailes , la colonne vertébrale, le cerveau…..
       Cependant, rien ne permet d’affirmer que cette évolution soit dirigée. Même si la nature continue à se transformer, rien ne prouve que ces modifications provoquent une quelconque amélioration de la nature. Comme le dit Teilhard (p.137), de quel droit pouvons nous penser que l’homme soit plus parfait que la rose ou l’abeille ? D’un point de vue scientifique, nous ne pouvons pas établir de priorité entre ces espèces. La science dans ses « ascensions » ne permet pas d’affirmer qu’il y ait une orientation précise et un axe privilégié d’évolution ». Pourtant, TDC croit voir « qu’un sens et une ligne de progrès existent pour la Vie ».
        L’évolution est un fait reconnu. Si l’on se place à une échelle de temps suffisamment longue, de nouvelles fonctions peuvent ainsi apparaître. Mais de multiples combinaisons sont possibles et y-en-a-t-il une qui soit plus satisfaisante?
 

Mercredi 21 Février 2018 09:16

MARCEL COMBY


L’homme et son rapport au monde au début du XXe siècle
    Dès la fin du XIXe siècle s’opéra en Europe un grand bouleversement culturel
du à de nouvelles visions du monde et en particulier au transformisme. Cette théorie s’opposait alors au fixisme, système de pensée qui perçoit le monde selon une conception figée des choses. Citons alors l’avènement du créationnisme aux U S A. Dieu a créé le monde à un certain moment de l’histoire puis s’en est retiré laissant à la nature et à l’homme le soin de se gérer de manière parfaitement autonome.

La, ou plutôt les doctrines transformismes s’appuient sur la notion d’évolution et on les trouve chez divers penseurs de l’époque suivant des modalités diverses. Je pense à Lamarck, Darwin, Saint-Hilaire et bien sûr Teilhard de Chardin qui, contrairement aux autres, exprima sa pensée de manière cosmique. L’univers et l’homme sont élément d’un Tout dont l’évolution suit une règle d’orthogénèse déjà présente chez Bergson.                          
    On distinguera donc deux paradigmes ou deux modèles de vision du monde :
 
  • Le modèle laplacien qui précède le XXe siècle. C’est un modèle mécaniste, déterministe,  précis, stable, immuable. La spiritualité se confond très souvent avec la pratique d’une morale de type juridique.  La pratique religieuse doit obéir à des principes rigides. Dieu est avant tout un juge. Matière et Esprit sont considérés comme des réalités juxtaposées.
  • Le dehors et le dedans des choses sont deux mondes bien séparés.
 
  • Le modèle induit par la physique moderne qui  apparait avec Einstein et Heisenberg, un des fondateurs de la mécanique quantique.
     Il apporte une véritable révolution culturelle aussi bien dans le domaine scientifique que dans les arts tels que la peinture (les impressionnistes) et la musique atonale. L’espace n’est plus tridimensionnel et le temps n’est pas une entité séparée. La physique quantique a démantelé les notions classiques d’objets solides et de lois de la nature strictement déterministes. L’exploration de l’atome nous ouvre vers des réalités imprévues portant sur la notion de vide et celle de non séparabilité.  La matière se comporte comme un réseau serré de relations complexes entre les différentes parties d’un tout.
La conception du monde réel est essentiellement organique et dynamique.
C’est dans ce contexte de nouveauté qu’apparait Teilhard de Chardin.
     Teilhard de Chardin pense que l’évolution ne s’est pas terminée avec nous, mais que nous faisons partie d’un processus cosmique continu qui demande notre engagement. Je pense que la physique moderne nous a ouvert un horizon selon lequel notre identité d’homme n’est pas seulement soumise à une morale ou à des idéologies contraignantes, mais à un travail sur nous-même fondé sur une certaine idée de notre place dans le cosmos, sur une sagesse et une coopération fondées sur une vision optimiste de la condition humaine.  Celle-ci s’inscrit dans le cadre de l’harmonie universelle qui est beauté, ordre, répétition et rythme. Alors justement notre participation à une cosmogénèse du monde doit être au diapason de sa merveilleuse organisation.

Mercredi 17 Janvier 2018 16:42

La notion d’évolution selon la vision de Teilhard de Chardin


Marcel Comby / La notion d’évolution selon la vision de Teilhard de Chardin
Teilhard fut un précurseur dans l’étude des systèmes complexes qui traitent des relations entre leurs composants et de l’architecture de ces relations. Il pensait comme Aristote que « Le tout est plus que la somme des parties ».                   
Le modèle qu’il propose se vérifie, en fait, en amont avec la notion de Cosmo genèse et en aval avec celle de Noogénèse. Le fait de l’évolution fait apparaître une généalogie des êtres vivants mis en relation de manière logique et organisée.

Le processus de l’évolution suppose l’existence de principes et de lois spécifiques. Ainsi, avec Darwin, apparait le principe de « sélection des plus aptes ». Teilhard pense qu’il existe bien un processus d’évolution des êtres vivants, mais il affirme qu’il existe un fil conducteur dans la fabuleuse histoire du cosmos, de la vie et de la pensée. On peut distinguer trois lois fondamentales au sein de la vision cosmique de Teilhard :
  • La loi de complexité croissante : Teilhard fait naître le paradigme des trois infinis l’infiniment grand, l’infiniment petit et l’infiniment complexe
  • La loi de complexité / conscience : la montée en complexité s’accompagne de psychismes de plus en plus riches permettant une meilleure connaissance du milieu une plus grande capacité à s’y adapter par apprentissage. Avec le cerveau humain, la complexité atteint un niveau des plus extraordinaires, celui de la pensée réfléchie et celui de la conscience.
  • Le principe d’émergence : lors de la montée en complexité, apparaissent des points critiques ou seuils dont le franchissement fait naître des propriétés nouvelles. Ainsi l’apparition de la vie se produit lorsqu’un assemblage de molécules organiques atteint un certain degré de complexité. Il en est de même pour la conscience. La formation des sociétés humaines de plus en plus vastes oriente vers le franchissement d’un nouveau seuil : la co – réflexion.
L’homme, dans ses diverses dimensions personnelles, sociales et historiques, représente donc la flèche pensante de l’évolution.
 
. On retrouve dans sa pensée, depuis le big-bang jusqu’à l’homo sapiens un schéma qui tient compte d’une succession de points critiques dans l’évolution qu’il appelle des pas, celui de la corpusculisation avec la formation des atomes, celui de la régulation qui traduit le passage des systèmes physiques aux systèmes chimiques au sein desquels se produisent la formation des grosses molécules et les mécanismes de catalyse avec les premières boucles de régulation, celui  de la vie qui voit l’apparition des premières structures vivantes et leur adaptation aux divers environnements, leur diversification croissante et leur complexification, celui de la conscience  et de la pensée réfléchie qui procure à cet être de chair, l’homme, la capacité de se dominer soi-même et de dominer la nature.     .
 
Teilhard est à l’origine d’un concept : l’union créatrice.    
L’Univers constitue un monde de relations et sa nature propre n’est pas que matérielle. Les grandes découvertes scientifiques reposent sur la mise en œuvre des notions universelles de matière et d’énergie. Au sein de tous systèmes complexes, vivants ou artificiels, les échanges entre matière et énergie supposent toujours l’intervention d’un autre élément fondamental : l’information. Avec Teilhard est né le concept d’esprit-matière qui rend compte de ce qui se passe de merveilleux et d’étrange au plus profond de la réalité terrestre qui, toutefois, demeure voilée.
Les notions de Dehors et de Dedans des choses sont systématiquement évoquées par Teilhard pour représenter la double face de la réalité.
 
    Le point Oméga, attracteur universel d’amour, représente une figure théologique du Christ qui, pour Teilhard, possède un caractère cosmique et universel. Nous quittons ici le cadre rigide de la morale pour se fixer sur celui de l’organique et du vibratoire. L’Univers tout entier converge vers ce point singulier et on représente cela par un cône de convergence. Mais son existence ne relève pas de la raison mais de la foi. A la suite de la Cosmo genèse qui donne un sens particulier à notre vie, vient se superposer la Christo genèse dont la signification est nouvelle.

Dimanche 19 Novembre 2017 10:24

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