Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Eéflexion pour février 2013
Cha^pitre 8, seconde partie / Comment je Crois, Editions du Seuil


Dans cette partie Teilhard de CHARDIN se propose d’exposer le cheminement qui l’a conduit de la croyance de ses pères à sa Foi dans le Monde
Il réfute l’idée que la religion soit une affaire strictement personnelle. ‘’MA foi ne représente que l’élément infinitésimal d’un processus toujours pus vaste et toujours plus sûr commun à tous les hommes ‘’.p.138-139.Selon lui le’’ phénomène religieux ne serait que la réaction à l’Univers de la conscience et de l’action humaine collective en voie de développement ‘….Plus l’homme sera homme, plus il lui sera nécessaire de savoir et de pouvoir adorer’’. Mais l’homme reste libre de choisir sa destinée.

PIC DE LA MIRANDOLE le disait déjà dans ‘’Sur la destinée de l’homme ‘(1463-1494) : « Si nous ne t’avons donné ADAM, ni une place déterminée ,ni un aspect qui te soit propre ni aucun don particulier c’est afin que la place ,les dons que toi-même aurais souhaités tu les aies selon ton vœu ,à ton idée .Tu pourras te dégénérer en formes inférieures ,qui sont bestiales ou tu pourras par décision de ton esprit te régénérer en formes supérieures qui sont divines »

Au cours de sa recherche Le Père a analysé les trois types de croyances existantes (Il ne parle pas de l’Islam) : les religions orientales, les néo- panthéismes humanitaires et le christianisme.

1-Teilhard place la naissance du Panthéisme en INDE avec le Bouddhisme vers lequel se tourne actuellement de nombreux occidentaux attirés par le côté universaliste et cosmique de cette religion. Un temps attiré par cette philosophie Teilhard est repoussé par le refus du Bouddhisme d’intégrer la personne avec la matière chargée pourtant de possibilités sublimes et qui donc mène logiquement au renoncement de toute action .Or le Dieu qu’il cherche doit se manifester à lui comme un sauveur de l’activité humaine.

2-Le Panthéisme Humanitaire
Religion sans dieu apparent et sans révélation mais religion au vrai sens du mot si l’on entend par là la foi en un idéal auquel on peut donner jusqu’à sa vie et dont l’objectif est de former l’humanité à la connaissance et à l’amour de la recherche et de la vérité. Alors, animé par cette connaissance, chacun s’assurera que son action profite à tous. Ces nouveaux croyants ont foi en l’homme et se vouent entièrement au progrès universel.
Teilhard s’est aventuré en rêve à leur suite mais il est très vite déçu. ‘’Ces humanitaires s’élancent bien vers la Foi en l’Esprit mais en même temps ils se refusent à chercher si pour légitimer le don qu’ils font d’eux–mêmes, cet Esprit est doué d’immortalité et de personnalité nécessaires à son avis, pour justifier l’effort humain‘’.

3- LE CHRISTIANISME
Il ne lui restait plus qu’à tourner son regard vers le christianisme et il a cherché comment faire coïncider sa religion personnelle et la religion de JESUS. Tout d’abord Teilhard ne s’est pas reconnu dans l’Evangile où DIEU aime, parle, récompense, punit. On y apprend que l’âme est immortelle, hôte de passage dans le cosmos et prisonnière de la matière. A travers leur vie les hommes sont responsables de leur destinée future. Le christianisme ne parait pas croire au Progrès Humain. Il n’a pas en lui le sens de la Terre. Teilhard ne peut que sentir ce que son adhésion à la morale et à la théologie chrétienne peut avoir de forcé et de conventionnel.
Mais ce qu’il n’a pas trouvé dans les autres religions : sa FOI en JESUS il le découvre dans le christianisme et cela le comble. C’est alors que se présente à lui le concept du CHRIST UNIVERSEL.

LE CHRIST UNIVERSEL
Pour Teilhard le Christ universel est la seule explication de l’INCARNATION conciliant ainsi les exigences du Dogme et l’avenir de la Terre. « Nous les chrétiens si nous voulons conserver au Christ les qualités qui fondent son pouvoir et notre adoration nous n’avons rien d’autre à faire que d’accepter les conceptions les plus modernes de l’évolution. »p.147
La philosophie et la science ouvrent des perspectives de plus en plus vastes à notre expérience et à notre pensée. Le monde s’impose comme un système lié d’activité s’élevant graduellement vers la liberté et la conscience, processus irrésistible et convergent en avant de nous en un Centre Cosmique Universel. (p150)

Teilhard qui avait été déçu par les représentations étroites du monde et par la négation de la matière dans le catholicisme classique reconnait désormais qu’il ne peut être sauvé qu’en faisant corps avec l’Univers et en plaçant le JESUS qu’il avait connu auparavant en tête de ce même univers. Le monde ne parviendra à l’esprit qu’en dégageant jusqu’à leur terme les puissances de la matière
Pour lui l’angoisse et l’attente qui marquent l’état religieux du monde actuel ne seraient que l’aspiration de l’humanité à une nouvelle religion qui verrait converger vers elle toutes les autres religions universelles qui les satisferait toutes. Telle me parait être la seule conversion possible du monde et la seule forme imaginable pour une religion de l’avenir.
Jan Assmann repère chez Ghandi l’idée d’une religion universelle de la vérité Religion majuscule qui doit transcender les religions concrètes que sont l’hindouisme, l’Islam, le Judaïsme et le Christianisme, dont aucune ne peut encore prétendre seule à l’universalité ’’Cela ne signifie pas précise Hassmann que les religions historiques doivent se fondre dans une religion de l’humanité, pâle et universelle. Mais elles doivent …apprendre à se voir avec les yeux’’.

LES OMBRES DE LA FOI.
Ayant acquis l’assurance d’un avenir divin à l’évolution Teilhard devrait sentir devant lui un futur serein, mais il n’en est rien. Avançant dans la vie comme si au terme l’attendait le CHRIST il n’a pourtant aucune assurance de l’existence de celui-ci : « CROIRE N’EST PAS VOIR » Les théologiens expliquent que si Dieu se cache c’est pour mieux éprouver notre amour mais il faut méconnaitre ce que peut-être la souffrance du doute pour ne pas sentir ce que cette solution peut avoir de haïssable.
Pour Teilhard si Dieu laisse souffrir, pécher, c’est qu’il ne lui est pas encore possible maintenant et d’un seul coup de nous guérir et de se montrer. L’évolution n’est pas terminée et nous sommes actuellement incapables de plus d’organisation et de plus de lumière. Dieu ne se cache pas mais nous ne pouvons, à ce stade de l’évolution, le percevoir. Nos doutes comme nos maux sont le prix de la condition même d’un achèvement universel et, écrit le Père : ‘’J’accepte de marcher vers des horizons de plus en plus noyés dans la brume ‘’.



Jeudi 7 Mars 2013 14:34