Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Etant l’auteur des 4 questions proposées, je me devais de répondre succinctement à chacune d’elles pour me soumettre à votre appréciation, mais aussi pour m’enrichir de vos propres réflexions qui sont forcément toutes différentes les unes des autres.

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1ère question : Considérant l’imperfection du monde, la misère, les guerres etc …
peut-on admettre l’existence de Dieu ?

Vu de loin ou de près, l’examen de l’univers a des aspects différents :
-De loin, le fonctionnement de « l’horloge » semble parfait ou tout au moins normal.
-Mais comme toujours, vu de près, les dysfonctionnements apparaissent.
Nous sommes des êtres humains, observons de près les différentes catégories d’êtres humains.

Catégorie (a) A priori, d’un point de vue purement existentiel et rationnel, l’imperfection du monde est évidente et ne cadre pas avec l’existence d’un Créateur parfait. Il proclame que l’amour dispensé par ce Dieu, selon les croyants, est une affabulation indéfendable. L’auteur d’une telle réponse est forcément athée, anti-religieux et fermement décidé à le rester. Il est difficile d’éveiller son intérêt spirituel.

Catégorie (b) Le croyant inconditionnel du religion du Livre, Religion par définition dogmatique, va dire que Dieu nous aime globalement et individuellement et que les misères du monde sont autant d’épreuves que Dieu nous inflige pour tester notre attachement à son égard. De plus, ces épreuves ont une valeur expiatoire pour racheter « la faute originelle » et, bien entendu, il est dans l’impossibilité d’expliquer en quoi consiste cette faute, si faute il y a, en dehors des deux motifs oiseux que sont la chute luciférienne et la transgression cognitive. Le croyant inconditionnel soutient cette conclusion : plus nous avons de misères ici-bas et plus nous connaîtrons le bonheur au paradis. Signalons que les religions asiatiques et animistes ont un tout autre point de vue.

Dans de telles conditions, il apparaît difficile de rapprocher les catégories (a) et (b).
Heureusement il y a une troisième catégorie d’êtres humains !

Catégorie (c) En revanche, si l’on se place du point de vue d’une personne qui possède à la fois le raisonnement du scientifique et l’instruction du philosophe, la réponse à la question sur l’existence ou non d’un Dieu parfait est nuancée et positive. Voici comment on peut formuler le processus :

-Le Dieu Créateur est éternel puisqu’Il est déjà avant la création. Il est donc hors espace-temps. On peut le définir comme étant Energie et Information de toutes choses et, à ce titre, Lui accorder dans l’absolu la qualité de perfection.

-A partir du moment où ce Dieu supposé parfait décide de se lancer dans un processus de création d’un univers, cette création et elle seule est dans le domaine de l’espace-temsp et, à ce titre, elle est soumise à la loi de l’évolution, qui implique un commencement et une fin.
Dans l’univers de la matière, qualitativement la perfection est potentielle au début, elle n’est pas nulle et elle tend à un état vers l’infini où se produit la fin de l’univers de la matière, à une date inconnue mais hautement probable. A ce moment là, ce sera l’accomplissement de l’œuvre divine, tout sera consommé (consumatum est disent les Ecritures), l’Esprit qui se dégage de la matière aura rejoint le Dieu Créateur dans son univers hors de l’espace temps. Symboliquement, entre midi et minuit, les aiguilles de l’horloge seront à la même place…

Pour convaincre les matérialistes inconditionnels il faut jouer sur leur fibre intelligente en utilisant un argument qu’ils ne pourront pas réfuter : l’univers n’a que 15 milliards d’années (en aurait-il 100 fois plus que cela ne changerait pas le raisonnement) et pour que se produise la formation d’une molécule de protéine par les seules lois du hasard, il eut fallu un temps de 10 à la puissance 241 milliards d’années. La matière est donc chargée d’informations, les dés sont pipés.
Dieu est parfait mais pas tout de suite.
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2ème question : Lorsque la mort physique est constatée (électroencéphalogramme plat), le cerveau cesse de fonctionner, il n’émet plus de pensée. Dans ces conditions, peut-on admettre la possibilité d’une vie spirituelle après la mort ?

Les personnes ayant survécu à des comas profonds affirment en toute bonne foi qu’elles ont la preuve qu’il existe une vie spirituelle après la mort physique car elles se souviennent de certaines choses qui se sont passées pendant ce coma. Mais en toute logique, si elles ont perçu des informations et survécu, cela signifie qu’elles n’avaient pas dépassé la zone de non-retour et cela est prouvé justement par le fait qu’elles sont revenues à la vie. Les pensées et visions qui se sont produites pendant leur coma et dont elles se souviennent ont été perçues et émises par leur cerveau qui n’était pas mort, même si les appareils médicaux disaient le contraire car leur marge de sensibilité était dépassée.

D’autres personnes évoquent des flashes de transmission de pensée, éprouvés et signalés en très grand nombre. Des chercheurs ont tenté d’identifier et de mesurer ces phénomènes paranormaux, expériences malheureuses vouées à l’échec. Cela ne signifie pas que le phénomène n’existe pas, mais il s’agit en cette circonstance des ondes d’une énergie qui nous est inconnue et nos instruments scientifiques sont inappropriés pour la détecter, l’identifier et la mesurer (tout comme un ampère mètre est inapproprié pour mesurer une radioactivité ; ce qui ne signifie pas que la radioactivité n’existe pas).

Dans le même ordre d’idée, nous connaissons depuis des millénaires l’existence des médiums qui perçoivent l’aura qui entoure les êtres humains, phénomène qui n’est peut-être pas sans rapport avec celui de la transmission de pensée.

Alors, dans ces conditions, existe-t-il une vie spirituelle après la mort ? Pour répondre à cette question, un retour en arrière est nécessaire en réfléchissant au postulat Teilhardien concernant « le dedans et le dehors des choses ». Nous avons compris que le hasard seul ne peut expliquer l’évolution de la matière depuis la particule élémentaire jusqu’à l’Homme et que seule une information cachée dans l’énergie, cet élément, unique composant de la matière. Cette « information » placée en amont des premières manifestations de particules, en supposant que toute l’énergie de la matière disparaisse un jour, cet élément non seulement serait le dernier à disparaître (disent les rationalistes), mais ne peut pas disparaître (selon Teilhard).

Après la mort d’un être humain et la désintégration de toutes ses molécules et le retour de tous ses atomes dans le cycle de la matière, l’Information (le dedans des choses) ne peut pas disparaître car elle était préexistante à la matière élémentaire. Elle est donc post-existante à la vie animale (premier postulat de Teilhard de Chardin) . Après le passage du « dedans des choses » par le cycle de la vie et par le « pas de la réflexion » ce « dedans des choses » s’est centré sur lui-même jusqu’à atteindre individuation et autonomie. Il y a donc une vie spirituelle après la mort (deuxième postulat de Teilhard). Cette vie spirituelle est d’une autre nature et peut-être en percevons-nous quelques effets qui, pour le moment, sont indémontrables. Mais cela ne prouve nullement leur inexistance.
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3ème question : La croyance aux dogmes religieux tels qu’ils sont imposés depuis l’origine des religions du Livre est-elle compatible avec le triple principe d’un Point Omega Créateur, évoluteur et attracteur ?

Je répondrai affirmativement , les dogmes religieux considérés à travers leur sens symbolique le permettent, à condition que ceux qui dirigent les religions soient suffisamment intelligents et évolués pour admettre cette vision de l’univers qui, certes, n’est pas à la portée de tout le monde, mais réservée aux seules personnes ayant atteint un certain niveau de conscience et qui ont trouvé la solution en eux-mêmes. Cette réponse ne peut être induite que depuis l’intérieur après un long travail sur soi-même.
Cette conception de la triple apparence du Point Omega ne peut être transmise au grand public autrement que sous la forme d’un triple mystère (celui de la Sainte Trinité) et, qui parle de mystère entend secret incommunicable et interdiction d’y réfléchir. C’est d’ailleurs pour cette raison que les hérétiques ont été brûlés sur les bûchers du bras séculier. Depuis cette époque l’Humanité a évolué, peut-être les églises pourraient-elles changer les thèmes de leur communication ?
La lutte entre créationnistes et évolutionnistes est entièrement liée au postulat du triple aspect du Point Omega. Créationniste équivaut à « fixiste » et évolutionniste équivaut à «dynamique ». Ces deux visions des choses ne sont pas incompatibles . La thèse évolutionniste admet elle aussi une création, et c’est me « moment 1 » (big-bang) il y a 15 milliards d’années ; alors que le dogme créationniste place ce moment 1 à quelques milliers d’années : le monde aurait été créé dans l’état minéral et biologique actuel, ce qui est d’une ineptie totale. On se demande comment au XXIème siècle des personnes d’un niveau universitaire élevé peuvent encore croire de telles sottises. Si il y a une explication à cela, c’est la récupération des religions par le politique dans le but d’assujettir les masses populaires. Ainsi, sont-elles prises pour plus sottes qu’elles ne sont et on leur « maintient la tête sous l’eau » en les terrorisant avec des dogmes stupides. Les masses populaires ne demandent d’ailleurs que cela, n’avoir contre la peur de la mort qu’une réponse religieuse simple et prête à porter. Autrement dit, aucune personne sensée ne peut croire au dogme créationniste, elle fait seulement semblant de le croire pour servir ses intérêts. C’est le cas des personnes politiques liées à ces églises qui se propagent dangereusement dans le monde entier et qui ne sont pas désavouées franchement par l’Eglise Catholique qui ne dit ni oui ni non. La mise à l’écart de Teilhard de Chardin n’a pas d’autre raison.
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4ème question : Tout au long de la trajectoire de l’évolution de la matière, une caractéristique qui serait bonne durant les phases primitives le serait-elle encore pour les phases suivantes ?

Pour répondre à cette question, il faut suivre le tracé de la courbe de l’évolution et mettre en face de chaque phase les critères qui définissent les obstacles à surmonter pour atteindre la phase suivante de l’évolution, laquelle possède nécessairement un niveau d’organisation supérieur à celui de la phase précédente.

Pour comprendre la logique de la question posée et celle de sa réponse, prenons en exemple la comparaison entre deux entreprises d’échelles différentes :
Une entreprise de 10 salariés et une entreprise de 100 salariés. Ce qui est bon pour la première ne l’est pas obligatoirement pour la seconde. Bien sûr, quelques fondamentaux sont communs aux deux échelles : Ne pas dépenser davantage que ce que l’on gagne. Par contre, en ce qui concerne les moyens les meilleurs pour motiver les salariés sont assez différents entre la première et la seconde entreprise, même si le l’esprit et le but de la démarche sont identiques. Ce qui est positif jusqu’à une certaine échelle peut être catastrophique au-delà. Les moyens de communication sont forcément différents, le contexte « effet de foule » modifie la perception des messages et ce d’autant plus que leur transmission est plus ou moins directe.

Pour revenir à notre propos, l’évolution de la matière, parlons de l’élan vital, comparable à l’induction de la motivation dans les entreprises, l’élan vital est cet instinct inscrit dans la mémoire de la matière, qui pousse les familles du monde vivant à se livrer une lutte acharnée pour conquérir le maximum de place sur la surface de la planète. Il va de soi que si cet élan vital n’était pas modulé, raisonnement par l’absurde, il n’y aurait plus qu’une seule espèce vivante sur notre planète laquelle, pour subsister, serait obligée de se cannibaliser elle-même.

La diversification des espèces vivantes est une des inventions géniales de la nature car elle oblige les espèces à utiliser la complémentarité de tous les anneaux de la chaîne du vivant. Chaque espèce a sa fonction précise dans la chaîne, ses prédateurs et ses proies spécifiques, le tout modulé dans des rapports de forces qui équilibrent tout l’environnement.
Plus on monte sur la courbe de l’évolution, plus les choix d’organisation et de réaction sont subtils. Une caractéristique qui était positive à un certain niveau n’est plus tout à fait positive au niveau supérieur suivant.
Autrement dit, la notion de bien et de mal telle qu’elle est présentée dans le code moral de la société humaine n’est pas une mosaïque blanc/noir. L’apparition et l’élévation du niveau de conscience modifient les paramètres de développement. La courbe de l’élan vital est modifiée par la courbe de la montée de conscience. Plus le niveau de conscience est élevé, plus celui qui en est l’objet est responsable de ses décisions qui ne dépendent plus uniquement de l’élan vital mais, aussi, du soucis de développer la réussite spirituelle de l’Humanité.






Vendredi 4 Janvier 2008 18:09