Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Cet article est une longue dissertation sur l' EVOLUTION.
Je vais essayer d'analyser et, éventuellement, d'interpréter la pensée de Teilhard.
T. commence par faire 2 constatations, suivies de 2 hypothèses.

1ère constatation : l' Evolution, à l'échelle cosmique est indéniable. Partant des éléments primitifs du Big Bang on en arrive à l'Homme, à travers toute une série de transformations successives.
Je cite :
« le monde, dans son état actuel, est le résultat d'un mouvement »
OK
« l'âme humaine occupe une place parfaitement définie dans l'ascension graduelle des vivants vers la conscience »
Encore OK

2ème constatation , moins évidente que la première;
apparemment, je cite :
« la nature actuelle semble s'être brusquement figée »
C'est moi qui parle : Tous les exemples que cite T. pour confirmer cet immobilisme se situent à l'échelle de la Terre.
Je cite :
« rien ne semble avoir bougé depuis que l'Homme se transmet la mémoire du passé : ni les ondulations du sol, ni les formes de la vie ni le génie de l'Homme, ni même sa bonté » !!!
C'est moi qui parle à nouveau : ces 2 constations qui semblent contradictoires l'amènent à poser la question : je cite :
« le cosmos s'est mué autrefois, mais bouge-t-il encore ? Question vivante et brutale de l'Evolution ».
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J'ouvre une parenthèse : arrivé à ce stade de son raisonnement, je ne peux m'empêcher de consater une fois de plus la facilité déconcertante avec laquelle T. passe de la dimension terrestre à la dimension Cosmique, et vice et versa.
Constatant une apparence d'arrêt de l'évolution sur Terre, et notamment chez l'Homme (dans sa vie et dans sa conscience), il n'éprouve aucune gêne à extrapoler ce phénomène au cosmos tout entier...
Ce qui ne manque pas d'audace!! Autant on peut connaître (et encore très imparfaitement) ce qui se passe sur terre, autant il est plus que téméraire de croire pouvoir tout connaître ce qui se passe dans l'Univers, en matière d'évolution. Tout au plus nous limitons nous à supposer que cet univers est en expansion, mais cela reste pour l'instant au niveau de la spéculation.

Je ferme la parenthèse et je reviens à « la question vivante et brulante de l'Evolution » en la limitant à la dimension terrestre.
C'est là que T. présente ses 2 hypothèses (il en annonce 3, mais je n'en est repéré que 2)
1ère hypothèse - je cite :
« ce que nous appelons fixité des organismes actuels n'est peut-être bien qu'un mouvement très lent, ou une phase de repos entre deux mouvements » et il enchaine : « pourquoi la vie ne serait-elle pas, elle aussi, mobile par grandes masses ou par action séculaire ou par courtes périodes ? »
Pourquoi pas en effet, je dis OK.

2ème hypothèse- je cite : « que tout ait été autrefois mobile et que tout soit aujourd'hui irrémédiablement fixé ? »
T. n'y crois pas, en effet, Moi non plus!

Dans l'esprit de T., si l'évolution il y a, si lente ou intermittente soit elle, cette évolution s'exerce dans un sens positif, dans un sens de progrès, vers une amélioration en vue d'une élévation du niveau de conscience générale (naturellement chez l'Homme).
Pourquoi pas ?

Mais permettez-moi de faire du mauvais esprit.
J'entrevois personnellement une 3ème hypothèse possible, à savoir que l'évolution- sur Terre- commence à être récessive; la Terre est à la moitié de sa vie, puisque, liée au soleil dont la mort est prévue dans 4,5 milliards d'années. Le système solaire a déjà dépassé l'âge mur et chacun sait que lorsque l'on commence à se rapprocher de la vieillesse... et de la mort, l'organisme ne peut que se dégrader- et ce sont souvent les organes les plus performants qui se dégradent les premiers.
De là à imaginer que l'Humanité sera la première atteinte, donc exposée à disparaître en priorité....il n'y aurait qu'un pas, il y a déjà des signes avant coureur. Je vous laisse le soin d'ne faire l'inventaire.

Je pense que si T. a fait l'impasse sur cette 3ème hypothèse, il ne l'a peut-être pas complètement ignorée. J'en veux pour preuves tous les développements qui remplissent les pages 27 à 34 et qui constituent, sans la nommer une 4ème hypothèse.

Je vais essayer de résumer à l'aide de citations prélevées dans le texte.
 « il est bien remarquable que la transformation morphologique des êtres semble s'être ralentie au moment précis ou sur Terre (c'est moi qui souligne) apparaissent la pensée.
Pourquoi pas !
 « les phyla à psychisme supérieur ont drainé toutes les puissances disponibles de la vie »
Ca reste discutable
 « toutes les capacités évolutives seraient concentrées et limités dans l'âme humaine. Se demander si l'Univers (retour au Cosmos!) se développe encore revient alors à décider si oui ou non, l'esprit humain (retour à la Terre!) est encore en voie d'évolution »
T. répond OUI Je répondrais par un ?

Je reprends les citations :
 « nous allons voir qu'un mouvement évolutif prodigieux se poursuit sans trêve autour de nous, seulement il est localisé dans le domaine de la conscience (qui plus est) de la conscience collective »
 « mieux nous connaître, mieux nous situer dans l'espace et la durée, au point de devenir conscients de notre liaison et de notre responsabilité universelle »...nous avons ainsi découvert qu'il y avait un TOUT et nous en sommes les éléments »
Très bien! Je le pense aussi, et cette fois je ne rejette pas cet amalgame entre la vision terrestre et la vision cosmique.
 Autre citation, qui va dans le même sens : « l'Homme d'aujourd'hui sent en lui les responsabilités et la force d'un Univers tout entier »

 dernière citation, et ce sera la conclusion de cette pseudo 4ème hypothèse : « des philosophes admettant cette animation progressive du réel par l'idée, de la Matière par l'Esprit, cherchent à y rattacher l'espoir d'une libération terrestre » (retour sur Terre!)
Je conclurai moi-même à cette assimilation de la partie au TOUT, c'est grand, c'est beau et c'est peut-être Vrai. En tout cas, c'est une proposition que je peux admettre, que je peux faire mienne !!

Mais, je me pose quand même des questions concernant cette « libération terrestre » que T. envisage. S'agit-il d'une évasion terrestre de l'Homme dans le Cosmos ? Et sous quelle forme ?
Peut-on croire qu'un jour l'Esprit puisse être complètement et définitivement détaché de la Matière, ou bien peut-on penser que si peu que ce soit de la Matière serait indispensable pour servir de support à l'esprit ? Doit-on envisager que l'Avenir, c'est finalement la Mort comme le suggère lui-même T. : « la mort de l'individu ? La mort de la race ? La mort du Cosmos ? »
Je résume par un immense ?

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Suit un intermède sur le PROGRES qui pourrait faire l'objet, d'une autre étude, mais se serait trop long. Une autre fois peut-être !!

C'est à la page 34 que T. dérape complètement.
Pris par le démon de la foi (j'aime bien cette expression qui m'est venu spontanément) après avoir
évoqué majestueusement la GRANDEUR et l' UNIVERSALITE de cette puissance, initiale qui nous entraine et que j'accepte, par commodité d'appeler « DIEU », à la fois Big Bang, Matière, Vie, Esprit, en fait toute l'Evolution (pour moi Dieu est tout cela) T. rapetisse Dieu en l'identifiant au Christ qui n'est qu'un Homme parmi les Hommes.
Je cite :
« sans le travail continuel de chaque cellule humaine pour rejoindre toutes les autres, la Parousie serait-elle physiquement possible ? »

J'ai vérifié sur le Larousse la définition du mot Parousie : retour glorieux du Christ à la fin des temps en vue de l'accomplissement du jugement final.
 la fin des temps = qui peut la connaître ? D'ailleurs les temps ont-ils une fin ?
 Le jugement final : quel jugement ? Qui juge ? Qui juge-t-on ? Pourquoi juger ? Est-ce Dieu
qui juge son oeuvre ? Ou l'Homme supposé l'aboutissement du Monde qui juge Dieu pour son oeuvre ?

Cette soi-disant Parousie est insensée!!
Je me demande toujours où T. situe son fameux point « Omega » : à la mort de l'homme ou à la mort du Cosmos ?

Je termine sur ce dernier ?

Lundi 25 Octobre 2010 14:03