Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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chapitre 7 : La planétisation humaine
Chapitre 8 : Quelques réflexions sur le retentissement spirituel de la bombe atomique




Chapitre 7 écrit en 1945 Planétisation Humaine

Teilhard propose une hypothèse dont il semble convaincu. Pour lui, la planétisation humaine serait « un phénomène d’une gravité extrême, irrésistible, cosmiquement irrésistible, et il ajoute que
« Nous ne pouvons résister aux forces cosmiques d’un univers convergent ».

Je reconnais que cette hypothèse est séduisante et pourrait peut-être s’inscrire dans le processus évolutif universel.

Mais peut-être aussi, habité par un doute, Teilhard cherche-t-il plutôt à se convaincre lui-même. N’évoque-t-il pas, par exemple, "la tendance de l’homme à s’isoler et à vivre pour lui-même, comme si le sens de l’espèce s’évanouissait en lui » ?

Reconnaissons que depuis 1945, année au cours de laquelle ce chapitre a été écrit, malgré un flux évolutif de plus en plus rapide, nous ne voyons pas ce phénomène de collectivisation apparaître clairement. Nous assistons plutôt à une suite de fractionnements de la collectivité humaine : luttes ethniques et religieuses de plus en plus graves responsables du démantèlement de plusieurs Etats (Belgique, Soudan, Libye, Yemen, Côte d’Ivoire…)

Autre aspect plus ou moins évoqué par Teilhard : ce nouvel esprit d’évolution va-t-il surgir à temps ? Nous avons déjà évoqué les graves problèmes d’environnement (réchauffement climatique, atteinte à la bio diversité, destruction des réserves alimentaires et énergétiques de la planète) dont les hommes sont responsables et qui constituent une menace très sérieuse pour leur survie et dont l’échéance est maintenant à court terme… A moins d’un sursaut immédiat (dans les 5 / 10 ans ?) l’humanité pourrait disparaître avant d’avoir le temps d’amorcer sa planétisation.

Enfin j’ajouterai que si j’observe le « tableau de Mendeleiev » (1834/1907) qui présente la classification périodique des 92 éléments, je constate que les éléments les plus compliqués, donc les plus lourds, ont de moins en moins de stabilité ; l’uranium qui porte le n° 92 est le plus instable. Pourquoi l’homme qui est le plus complexe des organismes vivants échapperait-il à la règle de l’instabilité et ne serait-il pas condamné, lui aussi, à une explosion du même ordre ?

Finalement, j’en reviens toujours à poser un grand point d’interrogation…



Chapitre 8 (septembre 1948 °Quelques réflexions sur le retentissement spirituel de la bombe atomique.

Teilhard affirme avec raison que le problème de l’énergie nucléaire « doit être posé à l’échelle internationale ». Les récents évènements du Japon en apportent une preuve évidente.

Teilhard avance également : « aucune force n’est capable n’est capable d’arrêter la pensée humaine ». Je serais tenté de dire « HELAS » . Il est bien vrai que la pensée humaine est peut-être allée trop loin. L’homme agit comme « la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf » et on sait comment a fini le batracien. Teilhard lui-même envisage le pire : « Avec la libération des forces de l’atome, l’homme vient de s’emparer des conduites commandant la genèse de l’univers, un geste risquant de faire exploser la planète ».

Un peu plus loin, Teilhard retrouve un peu d’optimisme : « L’homme ayant pris conscience de sa force ne songera qu’à se grandir et s’achever biologiquement lui-même ». Puis Teilhard ajoute :
« Il me semble que la bombe atomique a tué la guerre. » Peut-être … mais les nuisances du nucléaire ne sont pas maîtrisées et resteront présentes pendant des siècles.

… et puis, le religieux reprend le dessus avec la conclusion imprévue de Teilhard : « En fin de compte, le dernier effet de la lumière projetée par le feu atomique est d’y faire surgir, ultime et culminante, la question d’un terme à l’évolution, c'est-à-dire le problème de Dieu. »

C’est sans doute sa façon d’écarter le risque !!!

Mardi 21 Juin 2011 15:44