Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Pour tenter de commenter le chapitre de « l’activation de l’énergie » de Pierre Teilhard de Chardin, je vais prendre comme exemple un événement qui a un retentissement actuel, la catastrophe de l’usine AZF de Toulouse.
Je rappelle brièvement les faits, le 21 septembre 2001, un stock de matière chimique a explosé à l’intérieur de l’usine creusant un profond cratère. L’explosion a été entendue à 40 km de Toulouse, elle a engendré un séisme de magnitude 3,4 sur l’échelle de Richter.
Le bilan officiel fait état de 30 morts et environ 2500 blessés.
Un centre de recherche sur le cancer va être construit sur l’emplacement de l’usine rasée. Le traumatisme collectif est par ailleurs « matérialisé » par une décision du député de la zone de soustraire à la numérotation des plaques minéralogiques des véhicules du département les lettres AZF en passant directement de AZE31 à AZG31.
La catastrophe s’étant produite dix jours seulement après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, l’hypothèse d’un nouvel attentat a été évoquée mais rapidement éludée par les autorités locales, probablement afin de minimiser le risque de panique collective.
Le procès s’est ouvert le 23 février dernier.

On peut se représenter la structure de cette usine avant la catastrophe. On sait qu’elle employait du personnel ainsi que des intérimaires, qu’il y avait, au moment de l’explosion des artisans qui y travaillaient. Par ailleurs, l’accident ayant touché de nombreuses structures environnantes, il faut également tenir compte des personnes qui travaillaient ou habitaient à proximité.
Les 1600 personnes qui constituent les parties civiles au moment de l’ouverture du procès peuvent être assimilées, chacune, à un des segments de centres de la zone pré-centrique schématisée par la figure 2 de la page 104 (édition du Seuil) de l’activation de l’énergie. En effet, ces personnes se côtoyaient peut-être à l’intérieur de l’usine (et peut-être même pas), elles n’avaient pas forcément à faire les unes avec les autres et pouvaient ignorer la présence de l’autre.

Après l’explosion, ces mêmes individus se sont trouvé des points communs, il y a eu les victimes directes (blessés physiques rescapés), les victimes indirectes (familles des victimes décédées), les victimes morales (salariés ayant perdu leur emploi), les victimes pécuniaires (individus ayant perdu des biens), ainsi de suite ……

Nous avons donc différentes divisions au sein du même groupe des victimes.

C’est exactement ce que nous retrouvons aujourd’hui à l’ouverture du procès sous les noms des différentes parties civiles, à savoir, association des familles endeuillées, association des sinistrés, association AZF mémoire et solidarité (qui est en fait l'association des anciens salariés qui, bien que victimes directes ont d’autres intérêts que les familles endeuillées) par exemple.
Nous arrivons donc au schéma numéro 3 de la page évoquée plus haut.

A tout ce monde il faut ajouter environ 200 témoins ainsi que deux personnes renvoyées devant le Tribunal, à savoir une personne morale, la société « Grande Paroisse » qui est elle-même déjà une condensation d’individualités, et une personne physique, le directeur de l’usine à l’époque des faits qui est, lui, le représentant physique d’une autre condensation d’individualités. En ajoutant encore le Tribunal qui est la concentration des juges et autres magistrats, nous arrivons à l’entité représentée par la figure qui représente la centrogénèse, convergence, ici, non pas de l’Univers mais de l’effet d’un accident sur le regroupement d’individus par centres d’intérêt. On entendra même souvent les journalistes regrouper encore les groupes entre eux en parlant de LA partie civile par exemple pour désigner l’ensemble des différentes victimes.

Vous me direz que je n’avais peut-être pas besoin d’aller chercher si loin, ici, ce soir, dans cette salle, nous avons constitué un exemple de centrogénèse en nous retrouvant pour faire converger nos réflexions sur un sujet commun. Mais la presse n’en parlera pas, on ne changera pas les plaques minéralogiques à cause de notre réunion, donc il était préférable de prendre un exemple plus marquant.







Dimanche 1 Mars 2009 09:37