Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

Recherche







Quel beau sujet choisi par notre président au lendemain de l’investiture d’un président noir à la tête des Etats-Unis et au surlendemain d’un cessez le feu très fragile en Palestine, lieu de naissance du Christ.

Comment se situer face à ces évènements, comment en parler à nos enfants et petits-enfants, nous parents ou grand parents chargés, théoriquement de leur transmettre la « vérité » en agissant un peu en contre-pouvoir des médias ?

Mon père qui avait participé à la guerre d’Indochine et qui a, ensuite, passé le reste de son existence à tenter de faire la lumière sur tout ce qui a pu être dit ou écrit sur cet épisode de la vie de l’humanité me disait souvent : « tu sais, il faut un recul d’au moins trente ans pour écrire l’histoire ». En effet, les divers procès de criminels de guerre auxquels notre génération a pu assister ont bien montré que tant qu’il existe des survivants des périodes tragiques de notre histoire le voile ne peut être levé sur ces années là. Alors, comment parler du temps présent alors que nous ne recevons que des informations plus ou moins formatées par les médias eux-mêmes plus ou moins contraints par les organismes au pouvoir ? Et comment faire abstraction de nos propres peurs et de nos désirs plus ou moins compris et acceptés déjà par nous mêmes ?

Alors, comment trouver « la ligne infaillible de marche que nous cherchons, vers la lumière » ?

Dans le début du chapitre objet de notre étude d’aujourd’hui se trouve probablement déjà une grande partie de la réponse au problème posé : « la raison pour laquelle l’état présent du Monde humain nous paraît si obscure, c’est, me semble-t-il, que, pour apprécier ce qui se passe, nous voulons rester attachés à un fragment d’Humanité opposé à d’autres fragments ». Il est en effet plus facile de regarder avec un certain détachement l’anéantissement de Gaza-ville que de considérer les bienfaits de la politique d’urbanisation de notre propre commune. Seul le sentiment de compassion crée une émotion quand on voit le désarroi des habitants de Gaza. Mais le creusement d’une tranchée dans notre rue suscite tout de suite une réaction de notre part qui commence par la crainte d’avoir à supporter les nuisances phoniques du bulldozer durant les travaux et il s’agit pourtant d’aménagements liés à une amélioration de nos conditions de vie à l’intérieur de la commune.

PTC souligne un fait évident bien que récent, la mondialisation, l’universalisation. C’est malheureusement la première guerre mondiale qui est le révélateur le plus fort de ce fait de société. On ne fait plus la guerre au seigneur du domaine limitrophe au notre, quand la guerre éclate elle s’étend, comme une onde à la terre entière. On tentera bien d’enrayer ce phénomène en 1945, lorsque les représentants de 50 pays se rencontreront à San Francisco pour élaborer la Charte des Nations Unies, mais …. jusqu’à quand ………

Le paragraphe appelé : « intensification » fait appel à des notions moins évidentes à première vue mais qui le deviennent après lecture de ces pages. Les guerres nécessitent, certes, une concentration de connaissance mises au service de la technologie. Il faut être un homme comme PTC pour arriver à ce niveau de conscience et surtout oser le dire sans avoir peur des retombées des « bien-pensants » offusqués par le fait que la construction des armes destructrices puisse permettre à l’humanité d’élever son niveau de conscience. Mais il est évident que la création de missiles et d’anti-missiles nécessite une avancée technologique importante. Quand on sait que PTC a tout de même perdu deux de ses frères durant la première guerre, on ne peut l’accuser de se voiler la face. Par ailleurs, brancardier au front durant quatre ans, on peut imaginer les scènes qu’il y a vécu.
Mais recentrons nous sur le sujet comme le suggère PTC, que faire en tant qu’individu au sein de cette conscience collective ?

En 1916, déjà, PTC écrivait : « je pars de ce fait initial, fondamental, que chacun de nous, qu’il le veuille ou non, tient par toutes ses fibres matérielles, organiques, psychiques, à tout ce qui l’entoure. Non seulement il est lié dans un réseau, mais il est entraîné par un fleuve. Tout autour de nous, partout, des liaisons et des courants. »
On sait, par ailleurs, que, dans la nuit du 1er au 2 juin 1947, PTC fut frappé par une crise cardiaque. Il écrivait ensuite, exactement le 5 juillet 1947 : « malgré la guérison, je doute de pouvoir reprendre mon existence on the field ; et en tous cas l’affaire d’Afrique du Sud est manquée. Je crois sentir que la solution constructive, pour moi, sera de me tourner davantage du coté de la pensée et de l’action sur les idées » .

Alors, pourquoi ne pas se laisser « sentir » comme PTC, pourquoi ne pas chercher surtout à développer notre intuition de façon à se laisser relier « dans un réseau », se sentir « entraîné par un fleuve », des « liaisons » et des « courants » …….

Une fois de plus, PTC nous convie à méditer, à espérer, à être optimistes. C’est plus qu’une leçon de philosophie, c’est un chemin d’espérance, c’est une étoile au bout du chemin, il n’y a plus qu’à suivre, à rejoindre l’étoile, écoutons le Petit Prince de Saint Exupéry :

« les gens ont des étoiles qui ne sont pas les mêmes.
Pour les uns, qui voyagent, les étoiles sont des guides.
Pour d’autres elles ne sont rien que de petites lumières.
Pour d’autres, qui sont savants, elles sont des problèmes.
Pour mon businessman elles étaient de l’or.
Mais toutes ces étoiles là se taisent.
Toi, tu auras des étoiles comme personne n’en a ……….. »

C’est le Petit Prince qui a le mot de la fin.









Samedi 24 Janvier 2009 10:05