Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Dès ma première relecture de ce chapitre, j'ai pensé à Simone Weil.
Je sais que l'association Teilhard de Chardin lui a consacré un colloque en mars 1982 et je vais d'ailleurs tenter de m'en procurer les actes parce que le pessimisme de Simone Weil m'a toujours interpelée face à l'optimiste de Teilhard.
Quant on lit sous la plume de Simone Weil : "On pense aujourd'hui à la révolution, non comme à une solution des problèmes posés par l'actualité, mais comme à un miracle dispensant de résoudre les problèmes" ou " Plus le niveau de la technique est élevé, plus les avantages que peuvent apporter des progrès nouveaux diminuent par rapport aux inconvénients" on est tenté de citer en parallèle : " …. "Le progrès de l'industrie n'est pas accidentel, mais constitue un événement susceptible d'entraîner les plus grandes conséquences spirituelles", écrit, là par le père Teilhard.
Je citerai encore un extrait du chapitre objet de l'étude d'aujourd'hui : "je pense au phénomène du chômage qui inquiète tellement les économistes, mais qui, pour un biologiste, est la chose la plus naturelle au monde : il annonce le dégagement de l'énergie spirituelle; deux bras libérés, c'est un cerveau libéré pour la pensée …."
Voilà un beau pavé dans la mare !

Nous avons à Lyon deux collines, baptisées : celle qui prie (Fourvière) et celle qui travaille (Croix-Rousse) ! et l'homme a creusé deux tunnels, au travers de ces deux collines, l'un pour que les parisiens rejoignent plus vite la Méditerranée, sous la colline qui prie, l'autre peut-être pour que les habitants des Mont d'or arrivent plus rapidement à l'île Barbe, sous la colline qui travaille !
Mais l'antagonisme continue, que font les parisiens le huit décembre depuis quelques années, ils viennent à Lyon voir les illuminations qui sont devenues une source de revenus importante pour les commerçants. Les illuminations ne sont pas le résultat du travail des soyeux, (ceux de la colline qui travaillent), elles sont la suite de la commémoration d'un fait religieux (la colline qui prie).
Pour expliquer cela, je vais emprunter encore à Teilhard l'image de l'ellipse. On sait que la Lune tourne autour de la terre selon un parcours elliptique dont la terre est un des foyers. Quant la Lune se rapproche de la terre, sa vitesse s'accélère, parce que la force d'attraction de la terre s'amplifie, lorsqu'elle s'en éloigne, sa vitesse décroît, comme si elle voulait échapper à la terre. Mais elle n'échappe pas ! elle revient, elle reforme la boucle !
Et c'est la colline qui prie qui fait venir (entre autres) les parisiens dans notre bonne ville de Lyon pour générer du commerce. Alors que le tunnel avait été fait pour leur éviter la traversée de la ville.
La spiritualité détournée se transforme en commerce.

Je voie là l'instinct de survie naturel d'une communauté. Certains sont peut-être offensés, faire commerce avec la Sainte Vierge ! moi, cela ne m'offusque pas !
C'est la loi de l'ellipse, on boucle la boucle.

Si le paysan est libéré du travail au champ, il aura du temps pour se connecter à Internet et étudier les méthodes de culture employées aux antipodes.
Mais il reviendra au champ pour les appliquer, enrichi du savoir de ses homologues chinois.
Ensuite son voisin regardera pousser ces nouvelles plantations et fera de même, la population locale s'habituera à cette nouvelle nourriture, elle contractera les maladies qui en sont la conséquence directe éventuellement et devra se référer à la médecine appropriée.
Donc, la médecine locale évoluera, elle s'enrichira. Un plus grand nombre de chercheurs se pencheront sur la question et on gagnera du terrain sur la maladie.
Tout ça parce qu'un paysan s'est connecté sur Internet un jour où les progrès techniques lui en avaient laissé le temps.
Il avait quitté la colline qui travaille pour aller sur celle qui prie, non, pardon, celle qui surfe ! (sur Internet).
Mais, comme la Lune, il est revenu au point de départ, le jour où la Lune s'échappera de son orbite autour de la terre, ça se saura, on en parlera d'ailleurs sur Internet ….
Efin pas sûr qu'on ait le temps !

Je suis une femme, et une mère, alors, comme je l'ai fait lorsque mes enfants ont choisi de voler de leurs propres ailes, je leur ai fait confiance. J'ai arrêté de les suivre de peur de les voir traverser en dehors des clous.

Faisons aussi confiance à l'humanité, vive la technologie, vive le chômage, demain toute la commune de Brignais sera assise autour de cette table pour étudier Teilhard, personne n'aura autre chose à faire, la spiritualité sera la motivation qui nous fait lever le matin.

Puisque, comme le l'ai démontré tout à l'heure, ça ne sert à rien de creuser les montagnes pour faciliter le trajet des touristes, la Sainte Vierge les ramène à Lyon pour sa fête, chaque année un peu plus nombreux.








Dimanche 31 Mai 2009 11:29