Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Question : Lorsque la mort physique est constatée, le cerveau cesse de fonctionner, il n’émet plus de pensée. Dans ces conditions, peut-on admettre la possibilité d’une vie spirituelle après la mort ?

En premier lieu, je vais me livrer à des constatations très pragmatiques :
Supposons que je meure tout de suite, là, dans les cinq minutes qui suivent. Que va-t-il se passer ? un médecin constatera le décès, disons dans l’heure qui suit. Il sera, disons 21 heures, et on lira sur les registres d’état civil, « décédée le 25 janvier 2008 à 21 heures ». Puis on transportera mon corps à l’hôpital où le personnel sera bien obligé d’inscrire mon entrée dans l’établissement. Ensuite s’enchaîneront les obsèques et condoléances plus ou moins sincères. Mais, sincères ou pas, brèves ou prolongées, ces paraphrases parleront de moi, au passé, certes, mais alors que je n’existe plus pour l’état civil. Plus tard, l’administration fiscale ne manquera pas de faire payer à mes héritiers les impôts dont j’ai été redevable de mon vivant sur les revenus perçus. Alors, je serai morte quant ? quant plus personne ne parlera de moi ? mais mes enfants, mes petits enfants, ils n’ont pas un patrimoine génétique ? non, on ne meurt pas aussi vite ni aussi complètement que le laisse supposer la question.

De plus, les choses sont beaucoup plus subtiles que cela et nous allons trouver d’autres réponses à cette question dans plusieurs paragraphes extraits de l’œuvre de Teilhard de Chardin et, plus précisément du « phénomène humain » puisque nous avons choisi de nous concentrer plutôt sur ce livre durant cette année d’étude.
Page 257 dans l’édition du Seuil : « Plus l’Homme deviendra Homme, moins il acceptera de se mouvoir sinon vers de l’interminablement et de l’indestructiblement nouveau. » même sortie du contexte du chapitre dont elle est issue, cette phrase sous entend déjà que l’Homme fait partie de quelque chose « d’interminable » et « d’indestructible ».
Page 259 : « il y a pour nous, dans l’avenir, sous quelque forme, au moins collective, non seulement survivance, mais survie. »
Page 263 : « lorsque l’Homme, ayant reconnu qu’il porte en soi la fortune du Monde, a décidé qu’il y avait devant lui un avenir sans bornes, sur lequel il ne pouvait sombrer ………… »
Teilhard utilise par ailleurs, pour convaincre ses lecteurs de la nécessité de considérer l’individu comme une partie d’un ensemble, l’image de la rondeur de la Terre. Page 265 : « ici intervient un fait d’apparence banale, mais où transparaît en réalité un des traits les plus fondamentaux de la structure cosmique : la rondeur de la Terre. » effectivement, dès que l’on visualise la Terre, notre Terre comme une boule sans fin, on peut comprendre sans difficultés que la vie humaine n’a pas plus de fin que le tour de la Terre. Faites le tour du monde et vous reviendrez à votre point de départ. Quelques années après notre naissance, qui nous a fait sortir de « nulle part », nous serons enfouis dans la terre ou évaporés dans le ciel durant la crémation et tout repartira au point de départ. Enfin, pas tout à fait au point de départ, puisque durant toute notre vie nous aurons enrichi la noosphère. Mais il restera encore bien du chemin pour la parfaire et, si je continue nous allons passer à une autre histoire .
Teilhard enfonce le clou, si vous me permettez cette expression page 270 : « Sphéricité géométrique de la terre et courbure psychique de l’Esprit s’harmonisant pour contrebalancer dans le Monde les forces individuelles et collectives de Dispersion et leur substituer l’Unification : tout le ressort et le secret, finalement, de l’Hominisation »
L’ensemble de l’œuvre de Teilhard est empreint de cette foi en l’être humain. Celui qui prend la peine de lire ce travail en ressort conscient de sa place dans le monde. C’est un hymne à la vie, c’est un médicament contre la déprime, c’est un antidote au suicide, c’est une motivation immense à devenir plus que soi même pour l’avenir de l’humanité et donc notre avenir au travers des siècles et des siècles à venir.




Jeudi 31 Janvier 2008 17:01