Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin


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selon Pierre Teilhard de Chardin (TDC)
dans « le phénomène humain », collection sagesses, p. 159-187
Catherine Godinot


Catherine Godinot / La Naissance de la Pensée
En analysant l’apparition de la Vie sur terre et son expansion, TDC a conclu que l’homme « est un animal comme les autres » (p.160). La Biologie explique sa structure et certains mécanismes de sa physiologie. Cependant, cela ne suffit pas à comprendre comment l’évolution a permis d’aboutir à la naissance de la pensée. Si le dehors des choses est accessible à l’observation, il faut tenir compte du dedans des choses pour aller plus avant. Au cours de l’évolution, la Vie se transforme pour accéder au pouvoir de réfléchir. L’animal peut être doué de multitudes de formes d’instinct considérées par certains comme « une sorte de sous intelligence. Pour le cartésien, la pensée seule existe ... et l’animal dépourvu de tout dedans n’est qu’un automate. Pour la plupart des Biologistes modernes..., rien ne sépare nettement instinct et pensée » (p.165). Chaque forme d’instinct correspond à une particularité de la Vie que tel ou tel animal utilise. Ainsi, les abeilles utilisent leur intelligence travailleuse pour organiser la vie dans la ruche, en élevant les jeunes, en fabricant leur nourriture et en stockant des réserves. Ce sont des animaux qui, non seulement, vivent ensemble mais coopèrent pour la réussite d’un projet de vie, comme le feraient les hommes grâce à leur intelligence. Les araignées chassent en tissant leur toile pour attraper leur proie mais ne stockent pas leur nourriture. L’écureuil cache ses réserves de graines collectées pendant la belle saison pour les retrouver l’hiver venu.
L’homme peut être considéré comme transcendant par rapport aux autres animaux mais il ne représente qu’un terme de plus dans la série animale. « De la cellule à l’animal pensant, comme de l’atome à la cellule, un même processus se poursuit, toujours dans le même sens » (p. 165-66).
Pour que l’homme atteigne le pas de la réflexion, il a fallu qu’un certain nombre de conditions simultanées aient pu avoir lieu. Par exemple, c’est parce que l’homme était devenu bipède que ses mains ont pu lui permettre de prendre sa nourriture et de diminuer le besoin de disloquer cette nourriture avec des muscles faciaux très puissants qui enserraient le cerveau et l’empêchaient de se développer. La taille du cerveau augmente en effet à partir du moment où les singes deviennent bipèdes. Si le passage à la réflexion est vraiment une transformation critique, elle n’a pu se faire que d’un seul coup. « L’accès à la Pensée représente un seuil qui n’a pu être franchi que d’un seul pas » (p. 168). « Après le grain de Matière, après le grain de Vie, voici le grain de Pensée » (p.169). « L’hominisation est le passage instantané de l’instinct à la Pensée » (p.177) . L’Homme sait et il sait qu’il sait tandis que l’animal ne sait pas qu’il sait mais peut-être capable de confectionner des objets utiles et d’utiliser des outils pour se nourrir ou se défendre. « Par l’hominisation, c’est un âge nouveau qui commence » (p,179). Parmi les échelons gravis au cours de l’évolution, la naissance de la Pensée n’est comparable qu’à l’apparition même de la vie.
« Dans le monde, l’homme est entré sans bruit.... L’espèce humaine n’a rien ébranlé dans la Nature au moment de son apparition » (p.181). Cependant le premier homme ne semble pas pouvoir être unique. Il doit plutôt s’agir d’une foule d’hommes qui vivaient en groupe, qui faisait du feu. Ce que nous aimerions savoir, c’est précisément ce qui s’est passé au cours d’un premier millier d’années. A quoi ont pu ressembler nos premiers grand- parents? Pour certains scientifiques, l’Homme a dû commencer simultanément en plusieurs endroits le long d’une zone subtropicale de la Terre qui auraient ensuite fusionné génétiquement quelque part en dessous de la Réflexion (p.184). Mais TDC fait plutôt l’hypothèse que les fibres qui ont fusionné sur l’arbre de la vie devaient être très proches (p.185). De toutes façons, TDC pense que l’homme a dû émerger « d’un tâtonnement général de la Terre ». « Pour saisir l’ampleur du phénomène humain, il est nécessaire d’en suivre les racines à travers la Vie et d’observer ce qu’elle annonce en avant « p.187 ».
 
 
Mercredi 20 Juin 2018 17:21